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Couette Couette, elle est minus, tellement minus qu'on dirait une souris.
Couette Couette, elle est tellement trouillarde qu'elle a chié partout pendant des heures.
Couette Couette, elle se calme seulement quand elle se cache dans ma chaussette.
Ma ratoune, elle préfère ma capuche quand il fait nuit et que je fume dehors,
mais elle a peur des crapauds, de l'appareil photo et de mes mains.
Couette Couette, elle est tellement gourmande qu'elle mange du poulet et plein de pain;
elle aime pas trop les salsifis et les bananes.
Ma p'tite puce, elle fait pipi au lit et elle veut pas quitter son nid.
Couette Couette, elle a pas encore pigé à quoi servait son biberon,
mais elle me renifle sans jamais s'arrêter, grands yeux noirs et brillants.
Mon bébé et sa longue queue qui traîne, je me retiens de la chatouiller tout le temps.
Couette Couette, ça lui va bien, c'est la petite boule de poils qui crée l'attraction à Rougiers.



# Posté le mardi 03 juin 2008 08:43

Modifié le jeudi 25 juin 2009 15:13

"Eh Moustique! T'as pété les 20 mètres!!! 20 mètres en apnée!!"


"Ptain respect, le mec il s'appelle LODI, putain, putain l'enfoiré, trop la classe, connard!!!"

Prochaine étape : conquérir le coeur de mon homme. Autrement dit sa forteresse.
C
hâteau ancien et noble, aux douves redoutables. Y'a des crocodiles qui les gardent.
Bi
en évidemment, les douves sont à l'eau de mer. Y'a des barracudas, aussi.
O
n dit que son coeur est enfermé en haut d'une tour gigantesque, aussi grande que lui, au moins.
U
n dragon aux ailes d'albatros campe rocement devant l'entrée du château.
Il me brûle s que je m'approche d'un peu trop ps. Je le ne, il sait pas trop quoi faire de moi.
Je l'encombre, il ne cherche ni ma folie, ni ma passion, et surtout pas un Moustique qui saute sur le lit.
A
utour, il y'a le soleil, des nuages bien blancs, un vent frais qui traverse lme gulièrement.
D
es volutes de fue encore présentes dans la cour, blessures de guerre et coups d'poings d'amour.
Son coeur est tout en haut, caché, il sommeille, il se repose de tout ce qu'il a subi auparavant.
Des escaliers et des cul-de-sac, il faut donc s'armer de patience et d'espoir pour y accéder.
Mo
i qui suis si petite, si jeune, j'ai mon coeur qui bat suffisamment fort pour le moment.
Avec mon épée, mon bouclier, je me bats contre tous ses démons, je fais face à ce qui me hante.
C
e qui nous hante.
Je prends dans la gueule toutes sesceptions, son amertume, sa lassitude. Sa fatigue.
J
e combats du mieux que je peux, j'ai pris des coups, j'en prendrai encore.
Je m'inre dans les moindres brèches, je meurs d'envie de le découvrir, de le caresser, de le câliner.
Je veux toucher son coeur comme il a touché le mien.
Il faut le vouloir. Il faut le vouloir de toutes ses forces. Parce que ça vaut le coup.
Je ne sais pas s'il va m'aimer un jour.
P
eut être que ça vaut vraiment le coup.

"Maria, c'est mon alter ego en fashion, toute façon."

Ca a commencé par le vidage de bouteilles d'eau à la gueule, et de la vinasse plein les fringues.
Puis je lui ai mis deux doigts de moutarde dans les yeux. Il m'a étalé une merguez sur la joue.
Il a mélangé la salade de riz avec mes cheveux. Il a cassé un saladier en me versant les glaçons dessus.
Je lui ai mis des tomates et des oeufs dans le tee shirt.
Il a sorti son fusil de paintball, j'ai chié dans mon froc.

# Posté le mardi 05 août 2008 10:13

Modifié le vendredi 26 juin 2009 08:15

Qui s'est il passé chez les people depuis 24H? c'est le 24 heures en vingt quatre secondes!!!!!

Qui s'est il passé chez les people depuis 24H? c'est le 24 heures en vingt quatre secondes!!!!!


On kiffe le clair de lune, silence, la fumée de ma cig', et on crounche du pop corn bien sucré,
à deux, comme ça, compagnons du soir et partageuse de friandises.
Je pourrai la photographier quand elle dort, pendant des heures, que je continuerai encore.
Parce que quand elle tousse, j'ai les larmes aux yeux.
Parce qu'elle a piqué un énorme bout de la glace de Py, comme ça, sous son nez.
Parce qu'elle couine quand je la domine un peu trop longtemps.
Couette Couette, ma petite peste, elle a rongé toute la housse de mon clic clac.
Fait tomber tous mes pantalons, mange mes chaussettes, escalade mes robes.
Elle bouffe mes clopes, m'arrache la bouche et la langue, me nettoie les dents en me labourant les lèvres.
Parce que je meurs de jalousie quand elle fait des câlins à son Papa,
que je m'extasie quand elle court vers moi et que je la chope pour jouer à la bagarre.
Quand elle est en chaleur, elle vibre et se cambre comme une petite chienne effarouchée.
Quand je la retrouve dans mes petites culottes en train de taper un sieston.
La fierté qui s'empare de moi quand les gens se retournent dans la rue.
Quand elle se perche sur mon épaule et se comporte enfin comme une vraie ratoune polie.
Quand elle fait bordel dans le placard et qu'elle arrête de gigoter quand je viens la chercher,
histoire de pas se faire prendre, mais elle se fait prendre, alors elle me regarde de ses yeux suppliants,
léchant ma main et je craque; je craque et je l'embrasse sur son petit ventre blanc tout chaud.
Quand elle frétille d'extase lorsqu'elle s'endort dans mon aisselle, petite tête échouée sur mon bras.
Quand elle devient toute molle, tellement qu'elle s'endort et qu'elle tombe de nos mains et qu'on rigole.
Quand elle saute partout avec ses décharges qui ne la concernent qu'elle.
Quand elle galope sous mon lit et saute sur ma bouche au détour d'un oreiller pour choper de la salive.
Quand on partage le petit dèj' tous les matins, je pense à elle en mangeant du pain et du fromage.
Parce que Couette Couette, elle aime pas le foie gras mais elle crache pas sur de l'Oasis.
C'est moi qui hurle de peur quand elle tombe "mon bébé, mon bébéééé viens maman, viens!!! voilààà!!"
Quand elle essaye de sauter et qu'elle se loupe, qu'elle se fait peur toute seule.
Quand on se câline pendant des heures, quand elle fait la loveuse à sa maman.
Lorsqu'elle me supplie de la sortir de sa cage.
Lorsque je l'entends déchiqueter soigneusement mes fringues avec ses griffes.
Lorsque je retrouve des cadavres de papier disséminés partout dans mon studio.
Lorsque j'ai les mains prises sur l'ordi et qu'elle en profite pour foutre ses pattes dans ma bouche.
Parce que je la laisse me regarder jouer à la Wii Fit, interloquée.
Parce que je lui prête des sentiments humains, j'ai tort mais c'est comme ça.
Lorsqu'elle rentre toute entière dans la bouche de Doudou.
Parce qu'elle me manque toujours, partout, tout le temps.
Parce que quand je vai faire pipi la nuit, elle me regarde.
Quand je m'endors, je lui dis bonne nuit et elle me sniffe à travers le trou de son biberon.
Quand je me réveille, elle me regarde.
Lorsqu'elle s'étire et nous laisse admirer ses longues dents.
Parce que j'ai fait confiance à Py pour lui couper les griffes.
Parce que je supporte pas les gens gâteux de leur animal et que je fais pareil.
Parce que mes voisins doivent me trouver débile, à m'entendre râler tous les soirs,
d'une voix qui se veut menaçante : Couette Couuuuette!!!! descend de là, sinon jte remet dans ta cage!!!
Lorsqu'elle se casse la gueule et dégringole l'air ahuri au milieu de feu- mes pantalons.
Parce que je fais rire sur msn "atten elle mange un truc là, je l'entend je re"
Parce que c'est ma fierté absolue que d'élever ce petit bébé de deux cents grammes,
pucelle qui me prend pour sa môman et qui court paniquée vers mes bras ouverts pour elle.
Elle est jalouse quand je me colle contre mon homme et vient réclamer sa dose de bisous, elle aussi.
Couette Couette, exploratrice fouineuse et peureuse, la prunelle de mes yeux.
Parce que la prochaine fois, j'en aurai deux.
Parce qu'elle a très peur de la cage de Py mais elle n'a pas le choix. Je l'aime.
Je l'aime d'un amour démesuré, lamentable et disproportionné.
Parce qu'elle a compri qu'elle a pas le droit d'aller derrière la Wii et la télé.
Parce que c'est une Dumbo et que tout le monde dit qu'elle est vachement trop belle,
la plus belle de toutes les ratounes de tout le monde entier.
Parce que même ma mère a voulu la prendre sur l'épaule, on sait toujours pas qui était la plus tétanisée.
Elle essaye de feinter en courant sur mes bras, j'ai l'habitude des griffes partout, le dos, les mains,
les bras, les coudes, les seins, le ventre, le décolleté, les hanches, les cuisses (c'était l'été),
les joues, le visage, la bouche, mes chevilles, mes mollets;
j'aime son regard car tous les chemins mènent à l'épaule de maman.


# Posté le mercredi 10 septembre 2008 16:08

Modifié le jeudi 25 juin 2009 15:14

Ah ouais tiens, c'est marrant que j'écrive ça un trente septembre. On change tous, au fond. On grandit.

Il était six heures du matin quand la boule au ventre m'a réveillé.
Il est plus tard, dans le noir et dans mon lit, les sanglots ont déformé mon visage.
J'voudrai qu'on me jette un rocher dessus pour que je reste écrasée dessous, pour toujours.
Ca fait mal. Ca fait horriblement mal. Plus jamais ça.
C'est le dernier semblant de texte que je fais à propos de ma "relation" avec mon mec.
Ca ne sert à rien. Ni à lui, ni à moi. Ni à vous. A part ressasser toujours les mêmes idées.
On a bien compris le principe. Moustique est à fond. Moustique est folle amoureuse de lui.
Il l'aime bien. Si, si, il l'aime bien. C'est cool. Il est attaché à elle. Quand même.
Après tout, on s'entend pas si mal, c'est marrant.
Moustique adore son Doudou, malgré ses défauts et toute sa putain de forteresse.
Mais ça brûle. Ca brûle la nuit d'aimer pour deux. Comme si j'étais une bougie.
Je me consume et je me fais mal. J'ai mal. Je me sens si seule.
J'étais pleine d'espoir; je croyais tellement de choses. Je m'imaginais des jolies choses d'amour.
Il est sept heures et demie du matin, et je suis là à chialer, c'est incroyable non,
tout ce qu'on peut faire pour ... Rien !
J'en peux plus de me mordre la langue, j'ai jamais été frustrée comme ça.
C'est atroce. C'est atroce de se sentir seule quand on est plusieurs.
C'est odieux de se retenir de dire aux gens qu'on les aime.
Je supporte plus de m'empêcher de dire ce que je pense, et de retenir mon coeur.
Ca sert à rien, c'est nul, j'vois pas pourquoi.
Je finirai complètement brisée. La méga claque.
Et j'avais juré à tout le monde de ne plus l'aimer, j'avais promis, ne jamais me remettre avec,
même si je l'aimais encore, non non, c'était sûr et certain.
Aussi sûr et certain qu'il ne m'aimera toujours pas, quoi que je fasse.
Et j'ai recommencé, j'ai craqué, j'ai espéré, j'ai eu tort. Il est comme il est.
Je supporte plus mes modes automatiques.
J'aurai voulu que ça soit équitable, j'aurai voulu qu'il ait tellement envie.
Et je peux rien faire. Je peux rien faire.
J'avais juré, ça fait déjà deux ans, que jamais jamais jamais,
je ne m'aviserai à rester avec quelqu'un qui ne m'aime pas.
Et c'est ce que j'ai fait. Parce que j'étais à chaque fois encore plus folle de lui.
Mais là je suis toute seule. Il est pas là, il est bien trop loin, comme à chaque fois.
Je peux pas compter sur lui pour me rassurer. Personne d'autre ne le peut, pourtant.
Et je prends ma baffe, il est sept heures 37.
Je vous jure que je regrette. Je regrette d'être aussi amoureuse.
Je me sens si seule dans mon délire. J'aurai voulu qu'il m'aime tellement fort !
Et on peut pas forcer les gens, c'est nul, c'est bidon, je peux pas le secouer et l'obliger.
Mon chagrin et moi, on s'partage la tâche. Je me sens insignifiante et minable.
C'est pas normal. Je devrai me sentir en paix.
Je devrai savoir que je peux compter sur lui. J'y arrive pas.
Je crois pas en son amour. J'y crois pas une seconde.
Je sais pas ce que je suis sensée faire, aller me pendre ou pleurer encore...
Je dois craindre qu'il me quitte parce que je ne suis pas ce qu'il voudrait ? J'en sais rien.
Je n'ai jamais voulu partir, je n'ai jamais voulu qu'il me laisse.
Je voudrai juste arrêter de souffrir.
Je me sens horrible et tordue et folle et mal en point. Je ressemble à rien.
J'ai juste tout cet amour dans le ventre qui ne sait même plus comment sortir.
Qu'on ne me traite jamais de femme sans coeur.
Je n'ai que ça pour moi, et jusqu'à présent, ça m'a fait bien plus de mal qu'autre chose.
Peut être que je vais avoir mal toute ma vie. En tout cas, ça commence bien.
Je pourrai pas me rendormir, je vais me lever pour aller bosser,
camoufler ces crevasses de larmes et ces cernes grises.
Ma peau blanche de pleureuse-pisseuse.
Je voudrai mourir de ressentir toutes ces choses.


# Posté le mardi 30 septembre 2008 01:34

Modifié le mercredi 08 avril 2009 08:25

J'essaye de pas partir. J'essaye de fermer ma grande gueule et de pas tous les gifler.

J'essaye de pas partir. J'essaye de fermer ma grande gueule et de pas tous les gifler.


L'électron libre vomit les moutons et prend en stop ses poteaux profs.
Et j'assume et je montre mes piercings et je mets mes mains devant les oreilles,
quand elle passe avec sa gueule de mal baisée.
C'était dur le brouillard, les bouchons, essuyer la voiture à sept heures moins le quart,
et puis bientôt, il faudra dégivrer, gratter, et je comprends plus comment c'est possible
de caler avec un diesel, et puis moi j'ai mal au genou le matin, et desfois je bloque,
mais le soir aussi, j'suis sûre qui y'a un truc ça sent le chocolat chaud dans les bouchons,
à la Valentine, et il est six heures du soir et à chaque fois j'ai faim,
et puis je kiffe cette petite montée d'adrénaline quand les feux de détresse s'allument devant,
et toi t'arrives à toute vitesse, et puis tu les mets vite vite, et tu supplies celui qui roule derrière toi,
"pitié, me rentre pas dedans, pitié!!"
Je vais à l'école en traînant mes gros boulets aux pieds, j'aime bien retrouver Marc et les autres,
mais je veux rentrer chez moi, avec couette couette la fugueuse, mes grenouilles, mon ordi,
et puis rêver à des jours meilleurs et espérer qu'il m'appelle enfin,
qu'il me dise "bon ! tu viens? J'ai envie de t'voir, tu sais!!";
et puis croire qu'elle va m'appeler, que ça va s'arranger, et puis écraser les araignées,
parce que je me rappelle quand maman me lavait mon linge et faisait mes courses,
maintenant j'ai des crises d'angoisse dans la voiture, je manque vomir par la fenêtre,
et puis ça passe, j'suis lunatique comme si j'étais enceinte mentalement, c'est lamentable,
je dessine des ronds de couleur autour de mes croûtes, sauf au nez,
et j'ai le pantalon de mon petit frère, et une tunique déchirée, et desfois je sais pas trop,
si je suis vraiment une fille ou si j'ai les couilles qui vont pousser un jour, sérieux,
alors j'me coiffe, mais tout me gonfle, je gratte toujours cinq minutes de cours pour aller cloper,
me donner du courage, et pourtant je fais des efforts, j'essaye d'écouter, je ferme les yeux,
au lieu de piailler, j'étouffe, je voudrais partir en voyage dans l'eau, le sable et les arbres pour toujours.
J'étais chez lui quand j'ai découvert les Smarties Géants, et puis les sorties boueuses en VTT,
les bains du mercredi après midi, l'odeur de la pluie dans l'herbe, et l'herbe tout juste coupée,
les écureuils et les moineaux que me ramenaient Pégase, Onyx, Sacha, Jules et tous les autres,
et puis les bisous derrière La Ferrage, je me souviens, oui, je me souviens, il ne reste rien;
seulement moi, un mètre cinquante huit et demi, qui pourrait se damner pour un petit peu plus d'amour.
Je veux pas oublier mais je supporterai pas de vivre toute seule, et surtout pas au milieu de tous ceux là,
mais je suis folle, je respire du chlore encore quand je bronze au bord de la piscine, grasse et étalée,
en oubliant la migraine, juste un peu, juste un moment, allez, on rigole, on y croit,
on est jeunes et beaux, gâtés par la vie, le sexe, l'amour, le fric, le marketing et les marques,
on sera jamais des vieux cons stériles, égoïstes et incontinents, non, jamais.
Je suis vivante, je sais pas trop où je suis, et c'est rare un endroit où je vais lâcher prise,
même chez moi, même chez moi je me réveille en frissonnant, et j'entends juste Couette Couette,
qui pleure parce qu'elle veut sortir, desfois elle me fait chier parce que subitement elle m'aime plus,
et puis desfois c'est tellement mon bébé que je sais plus, chez toi non plus, tu sais, je suis perdue,
je me rappelle plus où c'est les chiottes et qu'est ce qu'on fout là, les yeux fermés,
et je voudrais te pousser gentiment en réclamant un bisou et des bras costauds comme les tiens,
seulement les tiens, mais non, j'ai froid, j'ai chaud, j'écoute les cris des gamins qui courent,
sous le préau de l'école, je raive encore, j'ai toujours envie de vomir.

Super concert d'Asian Dub, et puis la surprise du soir, c'est une image que je n'oublierai pas :
"Euh, ahem, Pierre Yves, euh, j'te présente Manu, Manu, Pierre Yves...."

Pierre Yves : "Dis donc Moustique, t'as un teint superbe!"
Manu : " Eh, t'as super bonne mine !!"

Ca a commencé par Hell, et "ce qui me fait le plus mal, quand je pense à lui,
c'est de ne pas savoir où regarder, et de regarder le ciel...", concert à 23h, au lieu de 19h,
et puis Valério, et moi qui m'appuye sur Manu sans le voir, et puis leur poignée de mains,
et tout ça, et Asian Dub qui envoyait sa mère à Babel Oued, et l'autre lesbienne torchée,
"dis lui d'aller nous chercher un verre, on a soif", "-Non mais ça va pas la tête?"
Enculé cong le pd il a un oursin dans le fion, escagasser, marraver, manger la gueule,
se néguer, châler, tchouler, caguer, escartefigue, partir en bib, rascasse, face de morue,
estron, moulon, filade, chiasse, frère, et si je le dis pas maintenant je le ferai jamais.
"C'est toi la nana qui se cache dans les sacs de plongée???",

"Oui Moustique,mais moi je pense que la vie vaut d'être vécue rien que pour ce week end avec toi."

# Posté le mardi 21 octobre 2008 10:49

Modifié le mercredi 08 avril 2009 08:32

[en instance de censure] Je me suis juste laissé aller. J'aurais pu fermer les yeux.

Ce n'était qu'une pauvre fillette. Le genre de fille qui mâchouille ses mèches,
la petite effrontée qui regardait les passagers des voitures en plissant les yeux de méchanceté
lorsqu'elle marchait dans la rue.
Des longs cheveux noirs qu'elle brossait frénétiquement en arrachant les n½uds,
A défaut de vivre un peu plus.
Dans le froid de l'hiver, silhouette désarmée qui titubait au loin. Frêle et si orgueilleuse.
Elle tombait amoureuse comme elle méprisait ses semblables. Par haine.
Elle se réveillait auprès d'hommes embourbés dans leur égoïsme, l'envie de les gifler.
Si prétentieuse et tellement peureuse. Et son regard fuyant qui trahissait son assurance.
Elle baisait comme elle passait un coup de téléphone. Comme ça. Parce qu'il fallait le faire.
Elle griffait et mordait de tout son c½ur, c½ur pétri de larmes et qui l'appelait le soir,
Lorsqu'il faisait sombre et que plus rien ne bougeait, et sa détresse frappait alors à la porte :
Un coup de vent, c'était glacé, c'était passé.
C'était une brune, un démon, une de celles qui tape du pied par terre,
et qui vomissait son mal en paroles déformées par la violence.
C'était une jeune, une de celles qui piétinait le passé et l'expérience.
Elle cachait bien son jeu, la folle aux yeux noirs.
Elle découpait les sentiments à la hache, noyait le tout dans un verre d'alcool.
Et s'en allait cracher ailleurs. Elle errait. Elle faisait peine à voir.
Parfois, enhardie, elle s'aventurait à mentir : à faire semblant, à s'inventer un monde charmant
et peuplé de bons moments. On la croyait. Du charisme, du charme.
De la poésie dans une flûte de champagne.
Elle n'y croyait pas. Pas plus que tout le reste.
Elle était juste malade. Elle avait le mal-à-dire.
Ca flottait devant elle, ça s'enroulait dans ses cheveux emmêlés, ça lui rentrait dans la peau.
Elle transpirait la tristesse et ses yeux étaient vides.
Elle ne restait jamais quelque part. Besoin de partir. Besoin de se détacher.
Envie de ne plus respirer.
Mais c'était une lâche, une vraie. Une pauvre conne drapée dans sa tristesse,
Et elle se contentait d'écarter les cuisses, lassée, vidée, enivrée.
Elle ouvrait ses bras comme elle respirait : d'une manière automatique, que ça soit vite fini.
Elle n'a jamais rencontré d'homme qui l'a changé. Qui l'a transformé. Qui l'a aimé.
Il n'y a pas de fin pour cette idiote là.

Tout simplement parce que ça n'arrive pas.
Parce que nous sommes seuls au fond de nous. Et peu importe celui qui partage notre couche,
Celui qui déforme le matelas avec son cul, celui qui nous fait croire qu'il y'a de l'espoir.
C'est toujours face à soi même que nous sommes perdants.
Et nous n'avons de cesse de combattre ceux que nous aimons.
Pour ne pas nous voir. Pour ne pas entendre. Pour ne pas savoir.
Parce que nous ne pouvons pas y croire.
Parce qu'un jour, j'ai cessé d'y croire; et ça m'a brisé.

# Posté le mardi 20 janvier 2009 13:36

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 03:54

Bienvenue à l'aéroport international de Ouagadougou...

Lever 5h du mat après avoir dormi 4h, à peine le temps de mater les petits vieux qui vont chercher
le pain à 6h du matin que nous sommes déjà partis à Marignane.
Je fume ma dernière clope à Sept heures, nous décollons.
Correspondance à Roissy Charles de Gaulle, et un terminal sans coin fumeur,
j'enrage, je suis prête de me taper huit heures de vol mais pas sans clope,
alors je triche et je fumote dans les toilettes (150 euros d'amende).
Onze heures et un avion moyen courrier, on explose de rire devant Bouquet Final,
je regarde Pocahontas et fricote avec le Steward. Poulet au riz sauvage.
Ca commence à faire long, j'ai mal au cul, je transpire, je suis fatiguée, j'arrive pas à dormir.
Envie de fumer. 17h et atterrissage à Niamey, Niger. Désert. Trois arbres. Terre rouge.
On redécolle plus tard vers Ouagadougou. Chaleur étouffante. Bus de l'an pèbre.
Je suis estomaquée. J'en prends plein la gueule. Vaccins, visas, bagages....
Des minots qui s'accrochent à moi pour me vendre des cartes téléphoniques.
Y'a marqué "touriste blanche qui a du fric" sur mon front et j'ai horreur de ça.
J'suis gênée, j'suis crevée, tout le monde me parle, mon père négocie avec le taxi.
Moussa. Tranquillement. Y'a pas de problème. Les valises enfoncées dans le coffre sans fermer.
Donc capot ouvert. Comme ça, en pleine rue. J'avais peur que ça tombe.
Puis j'ai eu peur qu'on nous vole. Que nenni. Ici les gens sont gentils. Tu fais pas ça à Marseille.
Des motos et mobylettes et vélos partout et taxis défonsés. Hôtel les palmiers.
Installation à l'annexe. Tout est vétuste. C'est propre mais tout petit, tout est vieux.
Je retrouve mes souvenirs, mes sensations de Bamako. Ici c'est au moins aussi hallucinant.
On prend l'apéro à sept heures, huit heures en France, Christophe le beau patron marié,
brochettes de poulet allocos et petits pois avec des frites. Le taxi aux vitres éclatées.
Le pare brise aussi. La voiture aussi. Le bar de l'amitié. L'orchestre. Fanta Orange.
Comme quand on était petits "tu m'échanges Fanta Orange d'Abidjan 99, contre un Djinn Bamako !!!"
La chambre minuscule, il est l'heure de dormir. Des cauchemars et des cris dans la nuit. J'ai honte.
Petit dej sous les palmiers, mes premiers margouias, l'atelier Alufa, Hardjouma,
la rue, Ouaga, la vraie Ouaga, la minus, Yaya, tour de ville à pied et en 4X4.
Il est midi ici et nous allons manger, peut être piscine cet aprem. Atchéké, et allocos, miam !
Demain nous partons en brousse à 6H du mat, dans un parc, antilopes, éléphants, phacochères.... !!!!!!
Couette Couette me manque, et tiens ! Py m'a même envoyé un petit mail. Si même lui s'y met...!
Je suis déjà épuisée de tout ce que je ne pourrais pas faire. Ce soir on sort en boîte.
Mais hors de question de danser le coupé-décalé. Non mais. Mes tongs vous embrassent.
J'en prends plein la vue. Je suis étourdie d'images insolites, d'émotions, de poussière.
La terre est rouge. Les Burkinabé sont d'une gentillesse affolante. J'aime pas faire la touriste.
J'ai embrassé une petite fille qui est venue me toucher la peau.
J'essaye de prendre des photos, mais il y'a des choses et des gens que je ne veux pas prendre,
ce serait leur manquer de respect, même si je vous avoue que j'en vois, des choses étonnantes!
Il fait 35 degrès ici. Je me gorge de chaleur et de pollution à ne plus pouvoir respirer.

Je sais pas par quoi commencer. Ni quoi transcrire.
Je sais pas si je serais assez douée pour exprimer ce que j'ai pu ressentir aujourd'hui.
Hier soir, dîner avec Marie Chantal, discussion à base de dépression, suicide, divorce,
problèmes de couple, pauvreté, chômage, psychose... J'avais le moral à sec.
Sûrement dû à mon «manque d'ambition », d'après le paternel.
J'ai tourné un moment avant de m'endormir.
Cinq petites heures plus tard et déjà la préparation en tenue de brousse.
Départ à 6h30 avec Marcellin, et c'est parti pour deux heures de route à travers la pauvreté du Burkina,
des routes défoncées et les clichés hallucinants bien propres à l'Afrique.
On s'arrête à Pô pour regonfler les pneus : départ pour la piste.
Paint It Black, « Africa » de Toto, Soprano et « Holy Mountains » de SOAD.
Des villageois et des enfants qui font coucou, la poussière, la terre rouge, rouge rouge,
partout sur mes mains ma peau mes fringues.
Plus que quarante kilomètres pour entrer dans le Ranch Nazinga, des trous partout,
Et là, là, je saisis toute l'utilité d'un 4X4 diesel.
Fin des trois heures et demie de route : nous avons photographié des babouins, des oiseaux,
des crocos, des phacochères, mais d'éléphants mis à part les arbres défoncés, nada.
On se plante à l'observatoire. Une petite dizaine de touristes : c'est déjà trop pour nous.
Les éléphants se font apercevoir de l'autre côté de l'étang, ils sont loin, les touristes sont cons,
je suis déçue au bout de la deuxième minute.
Marcellin revient avec Sibère, qui sera notre guide. On charge le haut du 4X4,
et nous montons mon père moi et Sibère sur le toit.
Quelques mètres déjà en pleine savane, c'est le Roi Lion avec la terre brûlée.
Un éléphant nous barre la route. Une femelle, qui traverse sans nous regarder.
Nous restons tout de même à cinq, dix mètres d'elle, nous la mitraillons de photos.
Je n'en crois pas mes yeux. J'hallucine. Plus loin, d'autres mâles mangent sous nos yeux ébahis.
On traverse ainsi la brousse pendant une heure, perchés comme des vulgaires touristes.
Malgré tout (et surtout ce poulet aux oignons), nous expliquons à Marcellin, notre chauffeur,
que pour nous, l'Afrique, la vraie, c'est bien beau, mais c'est pas ça.
Il réfléchit cinq minutes et sourit. Nous nous arrêtons au milieu de notre retour,
dans un minuscule village pauvre et isolé. Les habitants sont pire que pauvres,
très touchés, très humbles, ils nous font découvrir leurs cases, leurs greniers, leurs vies.
Des hordes de minots sales et couverts de poussière m'entourent.
Je tente de prendre un bébé dans mes bras : il hurle à cause de cette fille à la peau blanche.
La plupart n'ont jamais vu de blancs, et encore moins de femme blanche.
Je capte leur regard, joue avec eux, les embrasse, les cajole, les photographie.
Nous donnons quelques sous aux habitants puis nous partons pour une nouvelle surprise.
Le Burkina Faso en soi n'est pas un parc à touristes. C'est pas le Kenya.
C'est pauvre, c'est encore moins touristique que le Mali.
Ainsi, nous avons débarqués, nous, deux blancs, avec Marcellin dans un petit marché Africain.
Quelle ne fut pas la surprise des gosses qui nous suivaient !
Au début je pensais qu'ils étaient intrigués par nous deux.
Et puis je me suis rendue compte qu'ils me suivaient moi, moi la blanche aux cheveux blonds.
Les filles me touchaient et s'enfuyaient, impressionnées, saisies. J'étais heureuse.
Heureuse et gênée. Les gens nous parlaient, nous saluaient.
Et moi j'étais suivie d'une nuée d'environ 30 enfants qui osaient à peine m'effleurer,
qui souriaient, qui rigolaient, qui me parlaient... J'étais stupéfaite, la gorge nouée, la voix étranglée.
Il fut bientôt l'heure de partir. J'avais l'impression que ça faisait une éternité que je marchais,
là, dans ce marché, avec tous ces enfants et ces émotions.
Je prends des photos, je voulais pas photographier les gens à leur insu, mais le problème de la langue,
alors c'était un jeu, quand j'ai commencé à photographier les minots, on m'a demandé,
les gens riaient tellement de se voir sur l'écran de mon appareil. J'ai pu saisir des regards.
J'étais tellement heureuse !
Ce n'est pas le Sénégal, les enfants ne me demandaient pas d'argent, ils étaient juste si gentils...
La nuit tombait presque et il fallait rejoindre Ouaga car la route est trop dangereuse de nuit.
Je suis partie vers la voiture sous les hurlements de joie des enfants, ils nous ont suivi en courant,
j'en pleurais presque tellement j'étais ébahie.
J'étais sur le cul, pour moi l'Afrique, c'est ça, cet accueil si généreux, si humble, si sincère.
J'ai préféré les enfants aux éléphants. Et je n'ai de cesse de regarder les photos,
pour ne jamais oublier ce que je venais de vivre et qui n'était pas à la portée de tout le monde.
De plus, j'ai appris qu'une poignée de porte à gauche signifiait qu'on tournait à gauche pour ouvrir.
Je ne me vante de rien car sans mon père, je ne serais pas partie.
Le chantier qu'il est venu faire n'est pas prêt. Alors on tente de se démerder pour s'occuper.
Je suis sensée réviser mes partiels.
Je charge mes photos sur Facebook et sur Facebook seulement,
faites moi une demande d'ami, je refuserais pas ;)

Je dois être la seule personne à jouer au solitaire sur son pc au Burkina Faso,
mais à la base on est venu pour un chantier et c'est pas la guinguette,
mon père bosse sur des plans en coupe et moi je tente de réviser et d'apprendre mon droit.
Les connexions sont assez hasardeuses, aussi bien le téléphone que l'Internet,
on y arrive une fois sur deux, vive le wifi, vive le roaming !
Le mystère est entier : un site sur deux est possible d'accès.
Les températures sont descendues : c'est l'hivernage.
Moi qui n'avait pris aucune veste, la fraîcheur me pique dès les 20 degrès.
Je me nettoie le visage matin et soir, rempli de terre rouge, et de pollution.
Les gens ici sont tous malades des bronches. Et on comprend pourquoi.
Impossible de trouver des Marlboro fumables, j'en suis réduite aux Davidoff.
J'aime les Africains, mais c'est vite fait de leur parler comme à des chiens,
tu es souvent tentée de les houspiller, gentiment au début, parce qu'ils sont lents, lents....
"Y'a pas de problème, ah non non non...", au royaume des aveugles les borgnes sont rois,
mais je supporte pas par dessus tout de jouer la blanche riche et colonialiste.
Alors je garde ma patience. J'essaye. Voilà pour aujourd'hui.

Laetitia is now listed as in a relationship with Pierre-Yves.
Je me suis habituée à ce rythme de vie africain. Assez rapide tôt le matin.
Beaucoup plus calme dès cinq heures du soir.
Je sais pas si c'est la bouffe, le climat, la pollution, mais j'ai des boutons partout.
Je me suis fait piquer par un mutant X-men, gros spot rouge sur l'omoplate.
Je me suis habituée à Medhar, au Boulet, à eux, à leur lenteur, à leurs idéaux.
J'ai envie de rester et je veux rentrer chez moi. Je décolle Vendredi à 21h, heure locale.
Si tout va bien, je serais à Marignane vers neuf heures, prête pour l'anniversaire d'Eddy.
Prête pour le retour de Couette Couette at home. Peut être prête pour lui.
C'est étrange comment nous sommes faits, nous, les humains.
Je me suis habituée à être regardée dans la rue, la blanche, la seule, toubab.
Je suis allée dans un resto pseudo français et j'ai été choqué de voir autant de blancs.
Le Burkina m'a accueilli, m'a bien accueilli, comme il peut, avec ce qu'il a. Pauvre Pays.
Je suis en manque de tendresse, j'ai besoin du contact d'un corps, un corps en particulier, forcément.
J'imagine. Ca fait tellement longtemps, c'était si beau, je me rappelle, une époque de retrouvailles,
des embrassades à s'étrangler, des étreintes à se briser le dos, des sanglots, des moments de folie,
tout n'était que folie, de toute façon. C'est terminé. Maintenant je suis calme et posée.
Pas potiche, puisqu'il a dit non. Alors pas potiche. Mais Moustique. Un petit bisou sage sur la bouche.
Parfois l'effleurement d'un bras, d'une épaule, une ouverture accueillante. Plus tard. Peut être un jour.

Je suis au Burkina et je suis plongée dans un bouquin sur Istambul, le génocide arménien,
et je reconnais les noms, les lieux, les sensations, les saveurs et les odeurs de la Turquie.
De ce que j'ai vécu en si peu de jours. De la raison pour laquelle mon père m'y a emmené.
Parce que j'étais dans un des pires moments de ma courte et juvénile existence.
Parce que j'étais rachitique, un cadavre aux yeux gonflés et qui ramassait à la pelle
les miettes éparpillés de son amour-propre. Je m'étais jurée. J'ai failli à ma promesse.
Et maintenant me voilà, encore à ramasser ce que je laisse traîner un peu partout.
Des miettes de nous qu'il me faudra disperser au vent, plus tard.
J'en peux plus du Coca, du Fanta, je veux du sirop, je veux boire au robinet.
Je veux mon rat. Je veux manger un hamburger, un vrai. Je veux pouvoir pisser en paix.
J'aurais voulu profiter du soleil et de la chaleur pour patauger durant des heures dans la piscine.
Mais je me suis habituée au climat d'ici. En dessous de 22 degrès, je frissonne, et met un pull.
J'espère être à la hauteur. Regarder droit devant moi. J'ai un rôle à tenir.
Mon exubérance ne plaît à personne, ou presque, autour de moi.
J'ai l'impression, malgré qu'on me demande d'être moi même, que je dois rogner en permanence,
filtrer toute conduite un peu excessive et désinhibée qui est pourtant ma façon d'être, profondément.
Alors je serais sage. Qu'il en soit ainsi. Je regrette pas le passé. Je n'ai plus de remords.
Je n'aime plus Manu depuis bien longtemps. Ca fait partie de moi.
C'est juste, desfois, j'aimerais bien que le présent se déroule autrement....
Je reprends mon manteau et refais ma valise. C'est fini. On repart dans un pays de blancs,
avec des températures pour les blancs, j'ai déjà froid rien que d'y penser.
Je me suis gavée de mangues, de bananes, de Bissap, de papayes et de pastèques.
J'espère que Couette Couette ne m'aura pas oublié.
J'aime pas les retours de voyage. Tu crois estimer ce que tu laisses, et tu te trompes.
Tu ne sais pas ce qui t'attends au retour. Tu ne sais même pas qui sera réellement là.
J'ai ce souvenir de Gé et Sophie, la surprise à l'aéroport. Ca fait un an, bon sang.
Il s'est passé tellement de choses entre temps. Où est passée ma joie, où est parti mon espoir?
Pierre-Yves existe maintenant, et j'essaye de le rentrer dans ma tête autrement qu'en tristesse.
Au revoir le Faso. Puisse mon avenir me faire revenir ici avant dix ans.


Vraiment folklo ce voyage retour.
Dernier jour au Burkina et une explication-réglage de comptes qui m'a blessé plus qu'autre chose.
Et Le chat Botté qui d'un coup passe sur RFI Afrique, et je sais pas pourquoi,
je sais pas si c'était sa silhouette qui dansait devant mes yeux, la voix éraillée de Thomas Fersen,
ou tous ces souvenirs, mais c'est le plus gros coup de blues de mon voyage. J'étais émue.
J'ai pas besoin de partir à l'autre bout du monde pour fuir mes fantômes.
Ils sont en permanence dans mon esprit et dansent la bamboula sur mes épaules constamment.
J'ai fait des cauchemars toute la semaine, ce qu'on appelle des terreurs nocturnes chez les petits,
mon père me trouvait en train de gémir et pleurer, pas même réveillée, et il me calmait,
je tremblais de peur et mon coeur battait à deux cent mille. Je refoule.
Je refoule tout ce que je ne peux dire.
Je refoule tout ce que je voudrais dire à mon mec et lui demander. Je refoule mon amertume,
le fait que je ne plais pas à mes parents et que je suis paumée entre plusieurs mondes.
Même ma mère a eu pitié de moi.
Deux heures d'attente à l'aéroport international de Ouaga. Fouille complète.
Medhar avait les larmes aux yeux, sa princesse partait. J'avais envie de le serrer dans mes bras.
PNC AUX PORTES ARMEMENT DES TOBOGGANS. Je pense à Omar et Fred à chaque fois.
Escale au Niger. Adieu l'Afrique. Je suis barbouillée.
Désinfection de l'avion par l'équipage, vive l'Afrique et les maladies.
On nous avait prévu des turbulences, l'Armatan, le vent d'hiver, est sur nos gueules.
Il est une heure et demie du matin et on nous sert enfin à manger.
A côté de moi, un laideron, un pou, un pauvre mec vraiment très très moche.
Et derrière moi, un vieux, encore, un super vieux qui me drague et me fait des clins d'oeil,
et moi je me la joue l'oréal lorsque je secoue mes cheveux (encore) propres et m'étire.
Décidée, je m'enfile deux Lexomil avant le repas, c'était dégueulasse, je mange deux bouts de pain,
je commence à délirer solo, je trouve la force de pousser mon plateau sur le siège à côté de moi,
je me roule en boule et puis.... Je m'écroule. Deux heures plus tard, des turbulences à gogo,
et je me retrouve dans la même position, mon plateau débarassé, quelqu'un m'a mi une couverture,
sur moi, interloquée, je regarde autour de moi : le vieux me fait un clin d'oeil.
Beurk. C'est lui. 'Fin c'est gentil mais beurk.
Arrivée à Paris à 6h du matin, j'ai de la chance d'être au terminal à côté. Pas loin.
Le lexomil m'a défonsé, je titube, gavée de calmants, je passe, j'ai même le temps d'aller fumer.
Nous décollons vers Marseille à 7H30, un couple avec moi, de Solliès, pas loin, on papote,
on essaye, car les turbulences sont sur tout le vol, et puis l'arrivée à Marseille,
"PNC ATTENTION TURBULENTES FORTES", ah ça oui, nous étions secoués comme des pruniers,
j'ai pas peur en avion, du moins pas quand il plane, mais là j'étais terrifiée,
la femme avec moi aussi, elle broyait la main de son mari, et puis on couvrait le bruit par nos pseudos
discussions, avec des voix sûraigüs "Mais vous savezzzzzz mon rat elle est super intelligennnnnte....
Et euhhhhhh vous avez des enfaaaaaants????" My God, j'ai vraiment eu peur.
Ma mère et mon petit frère m'attendent, je sors avec ma valise sans problèmes,
la route, l'arrivée à Saint Max, ma voiture hyper nettoyée par dein mutter, un bol de céréales car j'ai faim,
je suis out, je repars à Rougiers, et horreur une Mygale qui sort de sous le tapis de ma Twingo,
très bonne coincidence, je l'écrase en hurlant (pauvre Eddy au téléphone), une machine,
pour étendre le linge, douche, j'écrase, il est midi et demie et je sombre instantanément.
Maintenant il est six heures, je suis réveillée depuis peu.
Ce soir Py me rejoint et je retrouve Couette Couette et nous fêtons l'anniversaire d'Eddy.
J'ai une migraine affreuse, alors je me drogue, là, maintenant, pour que ça passe.
J'avais envie de rentrer, j'avais pas envie de partir. Adieu l'Afrique.





Bienvenue à l'aéroport international de Ouagadougou...

# Posté le samedi 17 janvier 2009 03:33

Modifié le samedi 24 janvier 2009 13:12