"Arrêtez de vous disputer c'est puéril ! On dirait des puéricultrices."

"Arrêtez de vous disputer c'est puéril ! On dirait des puéricultrices."

J'ai pas le droit de me laisser abattre, je m'habille comme une fashion pour aller à E,
mais Couette, je sais pas si elle va survivre à tout ce qui lui arrive, je la veille, la nuit,
je l'embrasse et j'essaye de la calmer quand elle s'étouffe, c'est atroce, je me retiens de pleurer.

Je suis fatiguée des critiques, même Elle s'y met, je sais qu'elle le fait pour mon bien, pour moi,
mais j'en ai marre, ma tenue, mes fringues, mes cheveux, mes piercings, elle veut que je grandisse,
que je rentre dans le moule, elle me veut féminine et sûre de moi mais non, je complexe devant sa porte,
parce que y'aura toujours un truc qui va pas, mais moi, je la prends comme elle est, ça me fait mal.
Ca me fait mal depuis qu'elle est ma seule amie.

Je suis sortie avec le moral à zéro, je me colle une déprime qui traîne en longueur, vent de septembre,
mon corps a souffert énormément cet été, et là, je viens tout juste de m'arracher un grain de mocheté.
Je veux pas devenir une quelconque.
Je suis déjà trop seule, tu sais, on s'habitue à un téléphone qui ne sonne plus depuis des jours.
Je pourrais réecrire les textes de Fuzati tous les soirs que ça serait encore pire demain.
Ma ratte va mourir, j'ai plus d'espoir, je ne peux en parler qu'aux personnes du forum,
"mais qu'est ce qu'on peut trouver à un rat? Prends un chat, après." Non. C'est Elle.
On vit desespérement seul, quoi qu'on fasse, et peu importe le sourire charmeur.
Je le répète souvent, il est vrai, mais je ne suis moi-même avec personne.
Je suis lassée de mes mises en scènes, et situations qui font que je change de rôle,
parce que c'est comme ça qu'on me veut, et j'ai pas le droit de tout foutre en l'air, pas encore, jamais.
Plus je m'enfonce dans ma solitude et plus je suis déçue du monde; petite, idiote, sotte et naïve.
Je me fais pitié, pas même la force de cracher mon poison, mon venin, ma noirceur. Amère.
Je me raccroche à des choses matérielles qui me glissent entre les doigts.
Palpables, à peine, du bout des sens, il est déjà trop tard, que je rampe dans mon gouffre.
Quand je réalise qu'elle va me quitter, je me sens comme submergée.
Et ça non, il ne faut pas le dire, il ne faut pas le montrer, je suis si nulle de m'attacher à un animal,
oui, j'en ai marre de faire semblant d'être ce que je ne serai jamais.
Si je peux vomir des larmes, je le ferai. Il faut que je pense à là où je vais l'enterrer.

J'ai pas aimé sa tronche, voilà tout, elle savait pas y faire avec les rats, malhabile,
l'autre pucelle gigotait comme une anguille, j'pouvais pas lui donner, c'était mon trésor,
elle me l'a presque arraché des mains, c'était elle la véto mais j'aurais pu la tuer si elle lui avait fait mal.
J'ai pris cher en sport, même si c'est ce petit con d'Arnaud qui faisait le cours ce matin,
je me suis arrachée, ma mère tremblait et moi je continuais, mais bon, je suis pas si forte,
alors je suis retournée au step, ce soir, juste après le véto, avec la rage, j'ai tout donné,
je me suis mis au premier rang, comme il y'a si longtemps, j'ai cavalé pour la suivre,
j'ai pesté, tapé du pied, j'ai recommencé, je me suis appliquée, j'en pouvais plus,
et puis d'un coup elle s'est arrêtée et moi je pouvais pas regarder les autres alors j'ai continué,
et puis j'ai jeté un coup d'oeil en arrière, quinze filles suivaient mes pas, forcément,
j'étais devant, et donc logiquement la meilleure, alors que c'était faux, c'était pas vrai, j'ai fait,
je me suis emmêlée les pinceaux et puis j'ai été fière, un peu plus tard.
Myriam m'a félicité, j'étais toute rouge, mais c'était pas l'émotion.
Mon grand challenge c'est vendredi soir, d'aligner le cardio et le sculpt pour les beaux yeux de Xavier.
Et puis pour ma sale gueule de pisseuse aussi. Je veux avoir un corps tout maigre. Miam.
Encore une semaine très chargée, boulot pour les maisons en bois, quand j'suis pas chez le véto,
ou les nuits à veiller Couette et la bercer parce que j'peux rien faire d'autre, je cours chez la meuf,
jeudi midi je dépose mon dossier à la banque, avec les prémices d'une entrée à E tout à fait imminente.
Je suis adulte, plus ou moins, quand je rentre je dois faire des machines, le ménage,
m'occuper de la pucelle comme d'un gosse qui recrache ses médicaments, faire à manger,
y'aura personne pour me torcher le cul, et puis geeker, ah ça oui, je me suis remise à lire. Beaucoup.

Eddy m'a parlé. Enfin. Au bout de deux mois. J'ai décidé de laisser tomber ma rancoeur.
On repart à zéro, plus ou moins. J'avais envie de le serrer dans mes bras.
On s'est racontés nos étés d'merde devant un déca. Couette dort beaucoup.
La cortisone, surtout en injection, très peu pour moi. Beaucoup de hurlements pour elle.
Elle en a ras l'bol des piqûres, des inhalations, et des antibiotiques. Je me languis qu'elle guérisse.
Elle a vraiment un sale caractère. "Bordel, il pleut et j'étais même pas au courant!"
Les filles du forum m'ont tellement soutenu. Je sais pas encore si c'est le bout du tunnel.
Aujourd'hui, j'ai conclu un accord de principe pour mon prêt. J'ai la réponse demain.
Je serai une adulte qui s'endette pour huit ans de crédit. Ca fait mal au cul, sérieusement.
J'avais un sourire jusqu'aux oreilles chez le véto, j'étais tellement fière, Couette la vedette,
elle a fait rire tout le monde, on ne regardait qu'elle, et moi j'étais simplement folle de ma boule de poils.
Mon père fait le triathlon de Saint Mandrier dimanche, il ne veut pas qu'on aille le voir,
ça tombe bien, je suis dégoûtée de savoir que cette presqu'île de merde n'est pas encore submergée.
Bon, d'accord, j'y ai fait ça, avec Lui, mais tout de même. Ca sert plus à rien.

Elle m'a appelé ce matin. Ma nouvelle banquière. Je réalise pas. Je conçois pas que ça soit bon.
E. Je vais rentrer à E. en Master. Moi, la petite merde. 15 000 euros de prêt, remboursable sur huit ans.
J'y crois toujours pas.
Je suis pas encore heureuse, trop déçue par la réaction de.... . J'ai bullé à la plage.
Deux heures de cardio à me pâmer pour le beau Xavier. Je suis trop timide pour aller le voir.
"Maman, je veux trop me le faire ce mec, sérieux!!". Alors je m'applique et souris comme une débile.
Couette semble aller mieux, nous arrivons à la fin de son traitement. Du moins, le plus lourd.
Demain, je vais dévaliser les boutiques, et j'emmerde le CIC. Je vais quitter Maryline.
J'ai un sérieux problème d'anorexie mentale, je me force à bouffer car je suis totalement folle.
Je me hais devant la glace mais je ne peux en décoller mon regard critique.
Je préfère encore m'arracher la peau. Ca a du bon. Cat People.

J'ai acheté deux slims, le pire c'est que ça me va bien. J'étais vachement fière de demander un 32,
parce que le 34 était trop grand ! Bon, quand j'ai voulu foutre un 24 à H&M, j'suis restée coincée dedans...
J'aimais pas les slims, mais j'avoue, je peux les mettre avec tout, mes rangers, des talons, surtout.
Il me faut m'habiller mieux pour E, tout en restant à peu près en phase avec ce que je pense.
Bizarrement j'ai bien aimé. Même si j'ai la phobie du gras, ça devient maladif.
Couette a recommencé ses crises cette nuit. J'sais pas si j'vais pouvoir gérer ça.
J'ai commandé The Wall en DVD.

Poupée est condamnée. On la sauve aujourd'hui en détruisant son petit corps pour plus tard.
Ma Couette ne vivra pas des millénaires. Je l'aime. J'aime aussi mon véto et il l'aime également.
Avec mes Rangers et mon slim noir, assises par terre à boire des bières, fumer, rire, ça faisait longtemps.

Ouais, je ponctue toutes mes phrases d'un gros mot. Je suis vulgaire, j'en suis pas fière.
"T'as le bonjour de Rémy. Rémy O. " ET MES COUILLES!!! J'ai assez donné dans les Rémy.
J'essaye de faire une à deux heures de sport par jour. I wanna be the perfect girl. Ou pas.
Je ne pense qu'à ça, et puis à Couette, j'ai failli la tuer à cause de cette ordonnance de merde,
et puis ce véto à Paris qui m'a aidé et que je ne verrai jamais, et puis P.A, et tous les autres qui étaient là.
Je cours, je cours partout, "j'peux pas, j'ai psy.", les finances vont mal chez nous, je sais pas comment,
mais je sais vraiment pas comment on va faire, je vais me mettre à chercher des p'tits boulots.
Parce que cette douche après le sport, elle est divine.
Je hais l'automne autant que je hais l'hiver. Le froid, c'est pas pour moi. Je préfère le rosé.

J'ai eu excessivement honte de cette vidéo, je crie, je hurle, on n'entend que moi, je coupe la parole,
je laisse personne en placer une, j'coupe même la parole à Sophie, oui, j'avais une So dans ma vie,
et on peut mettre ça sur le compte de l'alcool mais vraiment trop de boucan, même si je fais rire,
je me suis trouvée stupide, timbrée, demeurée, mongolienne, grosse gamine. Dislike.
Ouais, je sais pas si j'ai changé, mais je crois que j'ai changé. L'hélium, ça fait pas tout.

Dans quinze jours, j'intègre définitivement ma nouvelle banque, avec E. à la clé.
En attendant, on va se serrer la ceinture, car c'est bien beau de shopper et de s'offrir cinq consult' véto,
mais va falloir arrêter de bouffer et continuer à cloper un max avec mon petit café.
"Nan, tu comprends pas, je tiens à conduire à la perfection, c'est tout."
Un rat avec un bruit pareil, c'est bonheur à retrouver dans le studio, je me fie au son des bronches.
J'ai enfin dit à Maria ce qui me pesait sur le coeur. C'est déjà ça.
Ca va être un autre monde, enfin quitter Rougiers et la mentalité Saint Maximinoise, ça me terrifie aussi.
Parce qu'avec moi, ça va pas être Pompéleup et resto tous les jours.
Je me sens ennuyeuse et pathétique. Mais j'ai la pêche, merci Xavier, merci le sport.
"Ah ça y'est, la salle c'est la maison, tu squattes!!"
Couette-Couette voue un culte à mes Rangers. Ca tombe bien, moi aussi. Garce.
J'ai commencé à poser des annonces pour le baby-sitting et le soutien scolaire.
"Je recherche une personne ouverte d'esprit". Et moi, si j'avais un trente centimètres à te coller au cul....
"Vous êtes nouvelle dans le quartier, mademoiselle?".. Non, et je bois mon café, là.
Bon, je plaisante, j'ai pas dit ça, j'suis gentille, au fond. Et fraîchement adulte. Ca vaut bien des excuses.
J'ai retrouvé un de Ses briquets, aussi rouillé et rassis que Lui dans ma machine à laver. Hallucinant.
Il était coincé là depuis tout ce temps. Comme moi.

# Posté le lundi 07 septembre 2009 15:39

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 11:43

Matthew, auteur, compositeur et interprète du groupe Muse, quand cessera tu de me décevoir?



"Vous avez un nouvel e-mail de : albatros83." Courrier indésirable.


Ca y'est, on a démarré le speed sur Travian. Bientôt un an que je joue aux côtés de la même équipe.
Un jeu, un monde qui demande au moins 2 à 3h par jour. On verra bien.
Je me casse le cul à monter dans les stats, ne pas me laisser piller, détruire, avoir, j'adhère, j'adore.
J'ai le DVD de The Wall entre les mains. Mon Papa sait jouer "is there anybody out there?".

J'ai à coeur d'écouter toute la musique du monde. Je veux tout savoir, tout connaître.
Tout réussir. Je bois le son. Personne ne peut m'enlever ça. Je veux tout découvrir.
Je me drogue de café, passe des heures sur Youtube à kiffer ma race.
J'aimais pas les Stones, mon père me cassait les couilles avec son obsession,
on y avait droit tous les dimanches à fond les ballons, et même son tatouage sur le coeur,
et puis j'ai commencé, je connaissais déjà par coeur les best-of, j'ai commencé à kiffer,
Ruby Tuesday, she's a rainbow, Paint it black, Angie, Mother's little helper, je prends mon pied, quoi.
J'ai perdu mon cd d'Oasis, j'suis deg, impossible de le retrouver dans nos voitures,
il m'a bercé tout l'hiver à sept heures du matin dans la Sambuc sous la flotte, au Deesmi,
il y'a des choses comme ça qui te prennent les tripes et qui ne te lâchent plus.
Xavier m'apprend à méditer en zen après nous avoir hurlé dessus pendant une heure de cardio,
je le dévore, c'est quand il veut, où on peut, avec ce qu'il veut.
Couette-Couette reprend des forces, je la gave de câlins et de bisoux et d'amour, bien sûr.
Je me languis la rentrée avec Loïc, Madelin, Ana, j'ai peur, aussi, mais il le faut.
J'adore faire de l'aqua-planning, ça fait flipper.

J'ai rêvé que j'étais à Paris avec elle, j'étais beaucoup plus vieille mais toujours aussi pisseuse,
il est arrivé sur la tour Eiffel par une bouche de métro, il était radieux, rasé de près,
avec son tee-shirt blanc, son odeur et son torse, je l'aimais toujours, je l'aimais encore,
nous avons joué aux cartes et puis il m'a aimé à son tour. Il a souri avec ses yeux.
Je me suis réveillée : je l'ai détesté.

J'ai retourné tout le studio, pour elle, pour l'éloigner des courants d'air, du froid, la rapprocher de moi,
j'ai même pris le jus en manipulant des fils qu'elle avait rongés, enfin, je préfère que ça soit moi,
j'ai faim, j'ai rien mangé du week-end, je m'informe, repars dans l'univers de la com', il le faut,
je m'organise, essaye de me convaincre que ça va aller. J'avance seule, mais ça n'importe plus.

En même temps, je passe de bons moments avec Christophe.
J'ai envie de tout oublier. Je serai même devenue une femme. Dit-il.

Existe t'il sur Terre quelque chose de plus nauséabond qu'un reste de poisson dans une poubelle?
Aujourd'hui, on a craqué, on a craqué dans la queue pour la caisse, aux courses, c'était nul.
Christophe et moi, on s'appelle "Chou", se bercer d'illusions, marcher la tête haute,
y'a des larmes, les lèvres pincées, mais c'est pas grave, c'est la provocation qui compte.
Y'a des cicatrices qui se voient, et d'autres enfouies sous mon armure. Never let Him touch them.
Le regard rebelle, l'oeil foudroyant, la lèvre à peine mordue, jeu du piercing, je suis une connasse.
Je recule et contre-braque plutôt que de lui donner la possibilité de.
Gémir au sport, ça me fait kiffer ma race. Deux heures par jour.
Ce matin, j'aurais mieux fait de me pendre.

Quand on est déçu, on l'est pour la vie. J'ai aimé les gens mais je n'y crois plus.
Je ne crois plus à l'actuel, un bout d'espoir peut être, qui sait, le futur, un jour, maybe, l'arc-en-ciel.
Ce mec est un vrai fumier, j'en reviens pas qu'on puisse dire des conneries pareilles.
J'ai toujours eu ma conscience pour moi et je ne regrette pas ce choix de ne pas me faire traiter de pute.
Mon corps se transforme, grâce au sport; en fait, c'est plutôt pretty cool.
Mes cheveux poussent, un jour, je serai féminine. En attendant, je crache, j'ai trop de haine là dedans.
Lundi, c'est la rentrée, j'en reviens pas d'y être arrivée, j'en reviens pas d'être même attendue,
Couette est tirée d'affaire, stabilisée, amaigrie, mais pleine de vie, de bêtises. Mon loupiot de moi.
Je kiffe ma nouvelle banquière. Je quitte les Assedic. Je reprends vie, peut-être?
Je suis toujours aussi naine. Mais elle m'a fait si mal au coeur, je ne la comprends plus.
Je l'ai perdu, je crois, elle aussi, j'en sais plus trop rien, en fait, elle n'est plus là la nuit au téléphone.
Je n'ai pas le crabe en moi mais un poulpe géant qui injecte son encre tous les soirs.
Au creux de mon bras. Et même au fond de mon ventre, là où ça fait mal, ça fait souffrir toussa toussa.
J'ai le poison, le démon, la folie, le vice, la perversité, je deviens complètement paranoïaque.
Je craque, et même si mes lèvres sont parfois fendues à force de faux sourires, je roule sur la réserve.

Le début de la peur, ou pas, E; et Couette qui me fait une rechute la veille de la rentrée.

Madelin a commencé par me montrer son chibre, ensuite, nous sommes devenus potes.
C'est mon p'tit bâtard, encore un cake avec un diam's à l'oreille. J'aime paaaaaaaaaaaaaaas!
Mais c'est plus fort que tout. Sans lui, aujourd'hui, à côté de moi, ça n'aurait pas valu la peine.

"D'accord, il te prend pour un frigo? Laisse moi farmer de la def, monte et arme ton off,
on le poutre dans la semaine jusqu'au delete de ce sale noob. "
Nique sa mère, ce chien de pilleur.

Demain, c'est l'anniversaire de Manu, mais on s'en branle, car j'ai plein de trucs à faire.
On est parti comme des voleurs, entre deux conférences soporifiques, le smile,
l'attente dans la voiture, et puis la mer, l'iode, la pollution, Marseille, midi, un hamburger,
les galets, les rochers, nos sourires, quelques frites, le sable blanc au fond de l'eau,
la température carrément divine, je m'y voyais déjà en apnéiste. Alors nous avons plongé.
Madelin a tenté l'immersion par les pieds, total failure, j'ai fait la sirène aux seins de brique.
J'avais envie de rester au fond, comme toujours, à me rouler dans le sable doux de la méditerrannée.
Je voudrais apprendre à onduler en mono, mais je vais déjà me re-équiper. (Crevard.)
Il était temps de rentrer, nous étions trempés, bienheureux, tout rouges et tout bronzés.
E, je sais pas, je suis E-médienne, il paraît que nous faisons partie de l'élite, ça m'impressionne pas,
je n'ai pas de projet de vie, pas de projet professionnel, je veux juste faire de la com, de la pub,
je voudrais travailler chez Orange et faire toutes leurs créas de mes petites mains malhabiles.

Ce soir au step, j'en ai chié la première demi heure, j'avais pas envie, et puis ça m'a pété,
d'un coup, je devais être moche mais j'étais en transe, à fond dans ma danse. Je m'exprimais.
C'était bon. C'était jouissif, et j'étais au premier rang avec deux autres filles. Myriam me souriait.

Au début, dans l'amphi, je croyais que j'étais la seule folle à aller sur facebook depuis mon pc,
à checker mon travian et ma bimbo, et puis non, tous les petits bourges pianotaient leur iphone,
et puis moi avec mon gros ordi tout sale et plein de pipi de rat, je jouais aux cartes,
tandis qu'on nous expliquait la fin du monde, le développement durable et l'engagement managérial.
Madelin fermait ses petits yeux de bâtard, et moi je pissais mes litres de café.
Chouette journée, 6500 euros. Je ne suis pas amère, juste un peu suspicieuse.
Je me languirais presque de rentrer dans le vif du sujet, commencer les Pro-act et les tests,
et d'être confrontée à mon propre néant motivationnel.

Ca y'est, j'ai insulté le personnel d'E. Plus précisément le service comptabilité incompétent.
Et surtout cette grosse pouffiasse qui s'est permise de m'engueuler comme si j'avais treize ans.
Mais j'ai réglé mon affaire, pour le reste, je les emmerde bien profond, ils m'ont, ils me gardent.
Je n'ai pas mes règles depuis deux mois. Et j'ai toujours mal aux seins.
Il serait temps qu'ils poussent, à mon âge, enfin! And the worms ate into his brain

"T'es l'une des meilleures adoptantes de rats que la Terre compte,
sois fière de toi (même si ta puce vit seule ^^)"

Madelin m'embrasse amoureusement les cheveux et moi je lui caresse la joue.
Battons des cils, j'irai seule à la plage demain. Il va me manquer, l'enfoiré.

"Ma santé? Je suis fumeuse, sportive, et d'occasion."

# Posté le vendredi 18 septembre 2009 06:22

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 05:15

J'ai buggé sur la balancelle. Dis, ça fait de moi quelqu'un de fou?

Les reflets de Ma lune, la fumée qui monte, leurs rires, le froid, le ronronnement de la maison,
je me balançais comme une autiste, je pensais à lui. J'ai réussi mon Toeic, j'étais fière.
"Mademoiselle, au vu de vos résultats, vous êtes dispensée de cours d'anglais à E. cette année."
Je fume et perds ma vie en perdant mon temps à perdre mes neurones et à perdre ma jeunesse.
J'ai retrouvé celle que je connaissais déjà, elle était là, près de moi, si loin et si proche à la fois.
Ce n'est vraiment pas le moment d'aller me coucher.

Je suis "la fille de la bande".

"Oh Titia, t'es belle quand tu parles anglais."
Am stram gram, anagramme, pique et pique et colégram, et bourre et bourre et ratatam.

Hier soir, j'ai contemplé Le bracelet cassé. Il ne me reste plus que La bague, je suis toute nue.

Je suis bourrée, et j'hallucine. J'hallucine grave. Mais je l'ai dit.
Comment peut on aimer et détester une personne au même moment?
Je suis si triste de lui.
J'ai arraché tous mes cheveux, je ne sens plus rien. Mes sanglots.

Sa peau et le goût de sa bouche contre la mienne. Je suis toute love.
La perle de Tahiti autour du cou.

On a continué à boire en regardant le soleil se lever.
"Tu vas faire quoi, ce soir?"
"- Ce soir? Je vais penser à toi."

Welcome back, Py.

Je suis perdue dans notre délire mais je me sens enfin sur le même pied d'égalité que cet homme.
Que mon homme. Lui. Le seul. Celui qui.
"Tu sais, j'ai dû trouver des choses qui me feraient enfin exister, après toi, à travers toi. Je t'ai détesté."
Couette-Couette la grosse pute a reconnu son papa, elle lui a fait plein de câlins.
J'en mourrai, de tout ça, je le sais bien, mais je ne pouvais pas ne plus le vivre. Tant pis.
Ces cons de militaires ont brûlé Marseille, je crois bien que Bruno avait pleuré, tout est détruit,
tous les matins je descends la Gineste et je contemple Marseille la bleue, Marseille et sa pinède incendiée.
Tous les matins je me tape des crétins au volant, et je conduis comme une grande malade.
Tous les soirs je suis partagée entre les "connasse!!" et "mais avance, bordel, crétin!!" . Pathétique.
J'aime pas les moutons. Je ne veux pas encore mourir. Même si je suis ...
Je ne sais plus qui je suis. J'ai l'impression de ne plus jamais pouvoir lui faire confiance.
Je connais mes sentiments. Je veux apprendre à en re-vivre.

"Je ne t'ai pas vu depuis tellement longtemps... Rattraper huit mois en 24h, c'est pas assez."
Il m'a acheté une brosse à dents, le symbole, et le double de ses clés.
J'espère réussir à (re)trouver le chemin de chez Lui.

Mon ordi chéri rend l'âme depuis hier matin. Ca me fend le coeur, je suis une pisseuse.
Encore raquer du fric pour E, pour moi, la no-life que je suis pleure toutes ses larmes virtuelles.
Ou pas.
Py m'a refilé sa crève et j'étais, malgré tout, heureuse au possible d'être dans ses bras en plein orage.

" Vu la tonne de moutons que j'ai sorti de ton ventilateur, tu m'étonnes que ton ordi mourrait...
Encore quelques heures et il était bon pour le grill. Voilà ton ordi chéri ! Un bisou au rat !!"

En culotte, un verre de rosé géant, ma clope, Stairway To Heaven, mon mec dans la douche,
je me suis sentie une femme pour la première fois de ma vie à enfin apprécier le moment présent.

Sa soeur nous a offert le champagne. On l'a siroté avec Coldplay, et les câlins de Couette-Couette.
J'ai adoré Pammy, son adulescence, sa blondeur, on a bouffé comme des vaches, j'étais heureuse.
Moche mais heureuse.
Je dors mieux, je dors bien dans ses grands bras, je le laisse se coller contre moi, on s'emboîte,
j'ai toujours adoré nos réveils d'amoureux, front contre front, pisseurs et lovers en cascade.

J'espère garder cette trace, cette cicatrice blanche, sa patte de rat qui a griffé ma cuisse.
Couette, c'est ma reine, et à jamais.

"Tu sais, j'ai le coeur brûlé depuis tellement longtemps..." Cette phrase pour toi.
Et cette phrase pour moi.

"Putain, t'es maigre..." Merci, merci.
"Putain, t'es vraiment maigre, tu veux pas grossir un peu?...."

"Putain, qu'est ce que t'es belle......"
A la recherche de l'emboîtage parfait. L'amour sans même se réveiller.
"Elle m'a dit que tu étais un rayon de soleil."
Je me sens un peu plus importante à ses yeux chaque jour, chaque soir, je crois, je vois,
quand on fait tomber la lampe, quand on rit comme des glands, quand il me serre vraiment fort,
quand il murmure des mots doux avec ses yeux, quand il s'inquiète et qu'il est en colère.
Je suis une pisseuse, une vraie, une allumeuse, une chouineuse.
Et Couette qui me fait la teuf quand je rentre l'embrasser de tout mon coeur.
C'est le smile. Finalement, c'est peut être juste ça, un peu, peut être, un jour, le bonheur.

Je lâche pas mes potes, et même Yohan est jaloux d'un café sans lui.
Xavier a attendu que je me remette avec Py pour venir me parler. Idiot. Bécaaaaasse!
On tombe la cortisone au fur et à mesure, ma petite poupée, elle est cro cro belle.
Mais c'est une vraie connasse. Pink Floyd en boucle, as usual.
"Tu vois, Coldplay, bah, c'est différent maintenant... Je l'écouterai différemment."

J'ai jamais eu autant de choses à faire, de cartes dans mon portefeuille, International Student,
la vie de tous les jours, la vaisselle, le ménage, conduire, encore, la corne à la main du volant,
les allers-retours et soigner Couette-Couette, la chaleur de son corps toutes les nuits,
le sport, transpirer, râler, recommencer, les copains, les cafés, les conférences soporifiques,
"Dites, vous faites toujours du baby-sitting? Je suis interessée....!"
Ma licence d'apnée, l'entraînement, mes coups de stress, mes angoisses, ses yeux.
Et surtout le Speed et nos étalages de crème glacée au cookie. Sans doute la jouissance.
"On part en tawa le 31, tu es des nôtres?"
Puisque c'est sûr, et rien ne dure, alors c'est oui.
Et même si elle glisse, c'est la meilleure, la meilleure, ma Cwingo, mieux que toutes les autres...
"Franchement? Franchement... Ouais !"
C'est fini, Travian, les châteaux, comme elle dit Cé, les villages, les attaques, j'ai fini, ça fait bizarre.
Barbie, j'te Ken, ils sont oufs à E, j'aime pas les "Rebelles Rayban", bon, sauf Loïc, ils sont chelous.
On n'a jamais cours, ou presque, alors je dors, avec ou sans Lui, je dors pour mieux renaître.
Bien sûr, j'ai peur, bien évidemment, je n'y crois pas, je ne le vois pas, je suis aveugle, c'est sûr.
Le Zoo, en voiture, j'avais peur qu'un T-Rex vienne subitement déchiqueter la Golf en plein orage.
C'était horrible de voir cet éléphant dans son enclos sinistre, vieux et triste et surtout sale.
Burkina Faso for ever, les défenses en toute liberté. Naturellement.

Je veux devenir Octave Parango.



J'ai buggé sur la balancelle. Dis, ça fait de moi quelqu'un de fou?

# Posté le vendredi 02 octobre 2009 18:19

Modifié le mercredi 21 octobre 2009 14:57

"Attends, t'as coké avec quelqu'un d'autre?"

"Attends, t'as coké avec quelqu'un d'autre?"

C'était atroce en fait. Bien pire, bien plus vrai que ce semblant de dérapage l'hiver dernier.
J'étais à peine en retard, j'entamais la descente vers Cassis. Longue suite de virages assez larges.
J'ai commencé à freiner que c'était déjà trop tard, ne plus contrôler sa voiture, contre-braquer,
zigzaguer, j'étais terrifiée, y'avait des voitures en face, le ravin, des barrières, un mur,
des gens partout, ça klaxonnait et ma voiture hurlait, j'ai fait un 360, ce moment atroce,
celui où tu vois le mur qui se rapproche et qui s'éloigne, je tenais mon volant, affolée,
et puis d'un coup ça s'est arrêté, j'avais traversé les deux voies, sens inverse, tout le monde criait,
y'avait plusieurs voitures arrêtées en cata, j'ai mi le warning, j'arrivais plus à démarrer,
mais j'ai forcé, je tremblais de tous mes membres, la Cwingo aussi, j'ai retraversé,
je me suis arrêtée en warning un peu plus bas, je paniquais, je ne comprenais plus ma caisse,
mon coeur débordait dans tous les sens, j'ai essayé d'appeler Py, pour tomber sur son répondeur,
j'avais peur, je m'en voulais, c'était pas ma faute, mes pneus lisses, cette route de merde,
je roulais deux fois moins vite que d'habitude, c'était pas assez, j'ai serré les fesses, soufflé, démarré.
Je suis repartie la peur au ventre. J'ai stressé toute l'aprem de faire la même route dans l'autre sens.
Je me suis faite insulter.
Et ça s'est bien passé. Et j'ai roulé comme une saucisse.
Et j'avais plus confiance en mes mouvements, mes virages, et ma voiture.
J'ai dit à mes parents que la route glissait un peu.
A moi de gérer mon corbillard. De rouler doucement quand la route est pleine de gras et de crachin.
J'ai eu de la chance. Déjà Montpellier, Rougiers, et maintenant Carnoux-Cassis.
Tempête de vent sur la Gineste au retour de Marseille.
On dit que toutes les voitures glissent, c'est faux, la preuve de La Audi.
Elle sera mienne. Si je m'en sors, d'ici là.

Il m'a fallu quelques jours pour arrêter de ressasser tout ça.
Les souvenirs qui se mélangent, les sensations des accidents, les corps ensanglantés aperçus,
disloqués, sur les bords des routes; la vie, la mort, les secondes si lentes. J'ai eu peur.

"Hé ben moi, tu sais, avec Lélé, on a fait du roller sur les quais du lac Léman, oui oui oui !"

A E, ils sont tous prétentieux. C'est facile de jouer le hippie mal coiffé quand les parents raquent.
Ils se vantent tous, untel a crée son asso de théâtre, untel a fait un roadtrip au fin fond de l'Inde,
untel a fait son stage à NYC tandis qu'il revenait de Mayamaye, "tu comprends, quoi."
Quelques personnes échappent à la règle. D'un côté, ils ont raison, ils sont sûrs d'eux.
De ce qu'ils sont. Mais ils croient contrôler leur image. Que nenni, je veille.
J'ai pas envie de devenir comme eux, brasser de l'air pompeusement d'un ton blasé.
Je suis consciente que je fais partie de l'élite E-médienne, même si je ne me sens pas concernée.
Pour l'instant, je suis un peu déçue. Je kiffe passionnément Madelin, Elsa, Loïc. Nous quatre.
Les cours m'ennuient, les coachs m'énervent. J'ai payé pour glander.
J'ai cette attente en moi, je veux à tout prix profiter de la réputation de l'école pour trouver.
Parce que j'ai repris un peu du poil de la bête. Je veux travailler en agence de pub.
Je veux vraiment être Octave. Je veux être concepteur-rédacteur.

Py m'a offert plein de balles pour mon piercing à la langue.
Ca m'a fait un choc d'apprendre de Yo que le père de Rémy était décédé.
Ca m'a fait de la peine pour lui, je n'ai rien regretté, j'ai juste imaginé sa peine.
Et maintenant Céline. C'est bien triste. 'Faut toujours trouver des raisons d'y survivre.

J'ai repris l'apnée, j'étais super stressée de me re-présenter, peur de mes performances.
Je me suis trouvée nulle et Jacques m'a trouvé bien. Jacques, c'est le prof.
Je nage mal en apnée mais je connais par coeur la sensation de liberté au fond de la piscine.
Le silence, la couleur du fond, les lignes noires, le bout, le mental, le retour à la surface.
Je voudrais rester des heures à améliorer mon statique, mais y'a déjà Xavier le vendredi soir.
Je ne m'en lasse pas.
J'arrive à trouver l'équilibre, un minima de 4h par semaine. C'est si bon.
Je gagne en souplesse, en confiance, en grâce, peut être. Tai Chi.

Et puis mes coupains.

Il m'a murmuré ces mots en me doublant sur l'autoroute, j'étais sûre d'avoir mal lu sur ses lèvres.
Et puis en sortant du péage, il m'a regardé à travers la vitre. Et a articulé.
J'ai piqué un fard, rictus de bonheur, "moi aussi...".
Plus tard, on se serrait très fort au soleil, devant la pompe à essence, café, chaleur, bonheur.

"Venez! C'est l'heure!!"
Manteau flambant neuf, des kilos de patates, et puis mes mecs, on avait faim,
on picole et on rit et ça balance et le cul et les patates qui cuisent pas et le fromage,
et je me sens bien, là, avec mes coupains qui trinquent en cul sec.
La soirée se passe à grignoter, raconter des conneries, ça descend vite, on est déjà tous assez pompettes,
j'ai plein de messages de Py, j'hallucine, vraiment pas habituée à tout ça, ça fait plaisir,
à cloper sur la balancelle dehors, ça sent la bière, les fous rires, j'ai pri un revers de mur dans le crâne,
j'ai mal, mais qu'est ce que ça tourne ! La soirée se passe. "J'ai mon verre vin!!!"
On s'empile comme des larves après avoir craché de la bière sur le visage de Greg, OSS 117.
On rit un peu et puis ils s'endorment. Moi ça tourne mais je veux retourner voir la pucelle à la maison.
Alors je pars, il est tard, j'ai bu, zébu soif, je tire la langue dans les virages, c'est dur, vitre ouverte,
je regrette pas, j'aime mon rat qui enchaîne les crises, j'ai peur pour elle, son petit coeur qui pleure.
J'ai des bleus d'être tombée dans les buissons, un mal de crâne en folie depuis des heures.
C'était un dimanche à boire le café avec Yohan à l'ombre des platanes de la Renai'.
Py est parti en mode pêcheur, et j'ai tout à fait l'impression qu'il est encore présent.
Cette nuit, j'ai imaginé la mort de Couette, j'ai pleuré de la retrouver toute morte et toute froide.
Je vais augmenter la cortisone qui n'agit plus assez pour la soulager.
Elle va mourir, mon petit bébé cul.

Il m'a appelé "Amour", je n'ai jamais eu autant envie d'oublier le passé.
J'arrête pas de rêver de ces vieux souvenirs, ça me retourne, ça me suit, ça me perturbe.
Je me réveille de ces rêves pleins de V et de M et du Sacré-coeur et je crois que c'est vrai.
J'ai le coeur qui bat à tout rompre et Couette réclame sa cortisone.
Alors souvent je me lève, elle me lèche le doigt, Simba, et puis ça va mieux.
Je suis très déçue des compétences d'E.
J'passe ma vie à courir, je m'enfile des litres de café, je m'écroule après le sport.
Couette mange des insectes, et moi je mange sans même me rendre compte. J'ai pas le temps.
J'ai toujours un peu peur dans les grands virages secs, mais j'ai fait changer mes pneus.
Y'a que des chèvres sur la route, et quand on arrive à Rougiers City, on est accueilli par du brouillard.
Je hais l'hiver, je ne rêve que de passer ma vie à larver dans ma couette, à la lueur du petit matin.
Madelin m'appelle "mon amour", alors je l'engueule.
Je suis toujours en train de faire l'essence, je sais, c'est pas français, mais j'encule le monde.
J'ai envie d'écrire pour toujours, j'ai envie de vivre le style et de taper mes mots, mais je ne peux pas.
Je me sens parfois dérangeante, grossière, mal élevée, hideuse, idiote.
Mais j'ai des méchants obliques, et les lombaires bien musclées.
Myriam me félicite de mes progrès au step, Fabienne me replace en me disant "ma puce".
Je sais pas.
Ma mère, desfois, c'est presque ma pote. Et puis soudainement, elle me les brise copieux.
Avant Py, je supportais pas qu'on me colle quand je m'endormais.
Je detestais ce souffle sur ma nuque, c'est froid, ça me chatouille, on me ronfle dans l'oreille.
On dort sans moi, on m'abandonne, je suis seule au monde. J'ai chaud et j'ai mal au dos.
Et lui il m'emboîte. Il colle ses grandes cuisses recroquevillées contre mes fesses,
et puis il me serre dans ses bras, même qu'il est trop lourd, même qu'il ronfle plus trop.
Et puis la nuit, il gémit doucement en me serrant plus fort, je me sens bien.
Et puis après, j'ai cherché l'emboitage parfait auprès d'autres hommes, d'autres corps.
D'autres odeurs, d'autres amours, d'autres sentiments.
Des cuisses maigres, moelleuses, dures, fermes, inexistantes, poilues.
J'ai besoin de ses jambes contre mon cul, la nuit. C'est dingue.
Je sais pas si on a un avenir ensemble, s'il en a envie, si ce sera possible un jour,
m'imaginer vivre avec lui, croire en lui, en un amour possible et réel, grandir.
J'suis un peu kéblo sur mes mots; mélange de remords, honte, peur, culpabilité, tristesse. Angoisse.
J'ai juste très peur de me faire encore plus mal.
Le sport me donne plus confiance en mon corps, et plus j'en fais, plus je vois mes défauts.
Je veux être parfaite, courir après l'impossible, la passion, la haine, toussa.
J'veux vivre.

Il fait nuit dans la voiture, musique électro en fond sonore, les mecs discutent et rient,
et en ce moment presque magique, tout s'éloigne de moi, la lueur de mon téléphone,
le cerveau penché dans des réflexions, des émotions, toute mon amitié dans ce texto.
Je n'entends plus rien car je suis ailleurs, à tapoter des mots sincères pour elle.
Je verrouille mon samsung, il s'est passé cinq minutes qui m'ont semblé des heures,
à lui dire que j'étais son amie. Je regarde au loin. Les arbres, la forêt. Il me manque aussi.

Je suis effrayée par le fait qu'il oublie tous nos écrits.

J'ai une famille à chier. Une cousine décérébrée, son frère jumeau ultra-violent et manipulateur,
un cousin autrefois chéri qui m'a définitivement enterré, une tante mégère et hypocrite,
une grand mère à la couille molle et bigote comme pas deux, une arrière grand-mère tyrannique,
un oncle mongolien, mysogyne, mythomane et homosexuel refoulé, des faux culs à la pelle,
des alcooliques, des drogués, des dépressifs, des gens calculateurs et fourbes, et faux.
Très faux. C'est vraiment pas un cadeau. Même mon père en a honte.
Mais ça me fait du mal d'avoir une famille inexistante, qui ne me connaît pas, qui ne m'aime pas.
Ca me fait mal pour nous quatre, on est là à sourir péniblement, coller des morceaux qui n'existent pas.
Passer à côté du partage familial, des fous rires et des souvenirs. Noël, je n'en veux plus.
Je ne connais pas la famille de ma mère, elle n'existe pas non plus.
Je n'ai jamais pu me confier à ma marraine, mon parrain nous a oublié depuis longtemps.
Je ne me reconnais dans aucun d'entre eux, ça me fait mal de leur ressembler physiquement.
J'ai les mêmes mains que ma grand-mère, et une passion immodérée pour le violet.
J'ai la tronche de mon arrière, de ma tante, les cheveux de mamie et de mon père.
J'ai le regard corse des Napoleoni, des Ruberti, je suis allergique à l'église, la religion.
Je suis sanguine, je bouillonne, j'ai la violence et la haine, comme eux. En moi.
Je hais me voir à travers eux dans une photo. Ma mémoire pleure Guillaume, mon double.
Je déteste l'odeur de chez Arlette. Et je hais avoir Magali en deuxième prénom.
Ils ne m'ont apporté que des larmes, de la déception et des regrets.
Je n'ai de sentiment positif pour aucun d'entre eux. Clara me ressemble et ils me l'ont enlevé.
"Mon dieu, c'est fou ce que les profs arrêtent pas de dire à quel point elle te ressemble!
On l'a même appelé Laetitia! Tu te rends compte!..."
Non, je ne peux plus me rendre compte, j'ai oublié quel âge elle a. Le son de sa voix.
La lueur vive au fond de ses yeux.

Finalement, notre quatuor oedipien n'est pas si mal comparé à l'intégralité de ma famille de loosers.

# Posté le mercredi 21 octobre 2009 14:58

Modifié le samedi 31 octobre 2009 09:29

"Mais attends, t'es pas une merde, j't'ai laissé conduire ma Golf!!"

En fait, c'est comme la Chinoise de l'amphi qui me kiffe trop,
elle est delongue en train de me tripoter les bras, en me souriant, de ses dents bridées :
"Olala, tes yeux est graaaand aujou'd'hui...!"

J'étais là, occupée à déguster mon Mac Flurry (Daim - Nappage Caramel), la nuit, sous L'arbre,
à contempler l'autoroute, la boîte de Nuggets vide, les frites bien grasses, ses yeux suppliants;
maîtresse de ma vie, proche de l'avenir, amoureuse, sûre de moi.
Ca n'a duré que cinq minutes, je me sentais bien.

Elsa, elle rigole beaucoup avec sa bouche, là. Parfois, elle pouffe de rire comme Sara.
Et je me rappelle alors à quel point j'adorais les fous rires de Sara, ses regards complices.
Sara, avant qu'elle ne nous décoive toutes.

Py s'est ramené à l'heure avec une orchidée. J'étais trop choquée.
Ca m'a rappelé les fleurs de Manu, et étrangement, ça m'a fait encore plus plaisir.
Je parle tout de même de l'Homme sans Coeur...
J'ai même eu droit à du champagne, du coca. Et des noix de cajou.
Mais bon, à la fin, on s'en fout.
" Tais-toi Bichette, j'te fais un gommage, là !"

Je me casse le cul à regarder Mad Men en VO, puisque les VOSTFR ne sont pas encore faites.
Tant pis. Je loupe quelques subtilités, mais ça me fait bosser. En plus de me faire kiffer.

"Mais enlève ton soutif, merde! J'en ai marre que tu caches tes seins...."

Les gens sont cons. Les gens sont ahuris. Dans la queue du supermarché, au téléphone,
dans la vie, dans les mails, à la télé. Le monde de ceux qui savent orthographier des mots.
Ceux qui parlent pompeusement, ceux qui manient le verbe avec aisance, parfois trop,
qui brassent du vent, qui pissent dans un violon. E., ou l'école du Rotary.
Et les autres. Les crétins de TF1. Les ménagères. Les illettrés.
Je sais pas si c'est moi, mais franchement, pas de culture, pas de cervelle, pas d'intelligence.
Pas d'étincelle. Ils m'ennuient.
Je suis une grosse cruchasse, une nouille, une petite merde, naïve et égoïste.
Mais quand même. J'ai l'impression de basculer entre tous ces mondes là.
J'ai l'impression que les gens sont crétins, demeurés.
Parfois je tombe sur des gens qui me scotchent, de par leur savoir, leur modestie, leurs connaissances.
Moi, je déteste ne pas connaître les choses. Parce que je surkiffe avoir des bottes secrètes en musique.
Mais je n'y connais rien en art. Ca me complexe. Py veut aller visiter des musées, des expos.
Et moi j'suis là, à balancer mes bras, ça ne m'a pas interessé autrefois.
Je passe pas le cap du "mais y'a des gens qui meurent de faim et toi tu me les brises avec ton urinoir..."
J'sais pas. Et quand je vois "tournez manège", j'ai envie de me pendre.
En attendant, à E., on méditerrannéise le marketing, c'est passionnant, on dort en bavant sur les laptops.

Et j'suis là, à finir le champagne seule, parce que sinon ça tourne et c'est trop bête,
et en fait j'suis un peu bourrée et ça me rappelle quand j'étais jeune, belle&rebelle, seize ans,
à me fumer un pétard toute seule pour supporter l'absence de Manu, et j'étais trop défonsée,
et j'avais tellement kiffé en me rasant les jambes que j'avais recommencé.
Je sentais même plus le sang qui coulait de partout, parce que je me coupais, parce que c'était bête.
J'étais juste décalquée, amoureuse, c'était sans queue ni tête, ma jambe dans l'évier bleu,
le contact de la lame sur ma peau que je pensais douce, si douce, et si protégée.
J'ai eu des croûtes de partout que j'ai gratté frénétiquement pendant plusieurs semaines.

J'ai toujours eu ce truc, ce lien, ce partage d'avec les grande surfaces, les galeries commerciales,
et surtout Auchan, mon quartier, les chemins de mon enfance quand je sautais au dessus des plots,
ma mère, quand on faisait les courses avec Isabelle et Guillaume, les chariots pleins,
la belle époque, royale, à sauter dans les flaques quand il pleuvait.
Auchan, c'était toujours la fête, j'avais toujours des cadeaux, même si je me faisais engueuler
tout le temps dans la grande allée centrale et que ça finissait en drame.
Auchan, j'y passais des heures à me pourlécher devant les chocolats, les bonbons, le nutella;
j'passe des heures à regarder les placement produits, les PLV, les têtes de gondole.
On nous prend pour des truffes, mais j'ai toujours aimé faire les courses.
Surtout quand j'peux, surtout quand j'ai assez de sous pour manger, des glaces, des yahourts,
des conneries, des Oero, du beurre de cacahouètes. J'aime bien manger de la merde bien sucrée.
Auchan, ils peuvent changer autant qu'ils veulent, à Aubagne c'est chez moi, je connais par coeur.
J'y retrouve tous les gens de mon village, ils sont restés fidèle à la zone des paluds.
Auchan, ça me rapelle tellement quand j'étais petite que je déteste aller à celui de la Seyne.
Même si c'est celui de Pierre-Yves, c'pas le mien, ça m'énerve. J'aime pas. En plus il est pas pareil.
Ca me fait juste chier la lenteur et la bêtise des gens à la caisse. Je m'affale toujours en baillant.
J'aime bien décoder les packagings, ne pas me faire avoir, comparer les publicités, la réclame.
On nous prend vraiment pour des hyper-consommateurs sans cervelle qui croient en avoir une,
alors on leur fait croire qu'on le sait qu'ils en ont et ils kiffent. Et ils achètent.
Et on achète.
Enfin, j'me comprends.

Je me déchaîne au cardio parce que y'a que ça, et puis je me tue, des courbatures,
Myriam nous a regardé tout à l'heure et elle est venue me dire que je dansais super bien.
Ca m'a fait plaisir. Juste, sincèrement. J'étais vraiment contente.
Et parfois j'ai tellement mal partout que j'interdis à Py de me toucher. Mais je me gère.
Enfin, je crois.
Couette est mourante pendant deux jours puis pète le feu le sur-lendemain.
J'arrive presque à faire le vrai grand écart.
Je compte vraiment sur ce baby-sitting, j'en ai rien à foutre des gosses, désolée mais je m'en branle,
je veux juste cloper et fumer et conduire et bouffer, aussi.


"Mais attends, t'es pas une merde, j't'ai laissé conduire ma Golf!!"

# Posté le mardi 03 novembre 2009 04:38

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 17:12