J'ai buggé sur la balancelle. Dis, ça fait de moi quelqu'un de fou?

Les reflets de Ma lune, la fumée qui monte, leurs rires, le froid, le ronronnement de la maison,
je me balançais comme une autiste, je pensais à lui. J'ai réussi mon Toeic, j'étais fière.
"Mademoiselle, au vu de vos résultats, vous êtes dispensée de cours d'anglais à E. cette année."
Je fume et perds ma vie en perdant mon temps à perdre mes neurones et à perdre ma jeunesse.
J'ai retrouvé celle que je connaissais déjà, elle était là, près de moi, si loin et si proche à la fois.
Ce n'est vraiment pas le moment d'aller me coucher.

Je suis "la fille de la bande".

"Oh Titia, t'es belle quand tu parles anglais."
Am stram gram, anagramme, pique et pique et colégram, et bourre et bourre et ratatam.

Hier soir, j'ai contemplé Le bracelet cassé. Il ne me reste plus que La bague, je suis toute nue.

Je suis bourrée, et j'hallucine. J'hallucine grave. Mais je l'ai dit.
Comment peut on aimer et détester une personne au même moment?
Je suis si triste de lui.
J'ai arraché tous mes cheveux, je ne sens plus rien. Mes sanglots.

Sa peau et le goût de sa bouche contre la mienne. Je suis toute love.
La perle de Tahiti autour du cou.

On a continué à boire en regardant le soleil se lever.
"Tu vas faire quoi, ce soir?"
"- Ce soir? Je vais penser à toi."

Welcome back, Py.

Je suis perdue dans notre délire mais je me sens enfin sur le même pied d'égalité que cet homme.
Que mon homme. Lui. Le seul. Celui qui.
"Tu sais, j'ai dû trouver des choses qui me feraient enfin exister, après toi, à travers toi. Je t'ai détesté."
Couette-Couette la grosse pute a reconnu son papa, elle lui a fait plein de câlins.
J'en mourrai, de tout ça, je le sais bien, mais je ne pouvais pas ne plus le vivre. Tant pis.
Ces cons de militaires ont brûlé Marseille, je crois bien que Bruno avait pleuré, tout est détruit,
tous les matins je descends la Gineste et je contemple Marseille la bleue, Marseille et sa pinède incendiée.
Tous les matins je me tape des crétins au volant, et je conduis comme une grande malade.
Tous les soirs je suis partagée entre les "connasse!!" et "mais avance, bordel, crétin!!" . Pathétique.
J'aime pas les moutons. Je ne veux pas encore mourir. Même si je suis ...
Je ne sais plus qui je suis. J'ai l'impression de ne plus jamais pouvoir lui faire confiance.
Je connais mes sentiments. Je veux apprendre à en re-vivre.

"Je ne t'ai pas vu depuis tellement longtemps... Rattraper huit mois en 24h, c'est pas assez."
Il m'a acheté une brosse à dents, le symbole, et le double de ses clés.
J'espère réussir à (re)trouver le chemin de chez Lui.

Mon ordi chéri rend l'âme depuis hier matin. Ca me fend le coeur, je suis une pisseuse.
Encore raquer du fric pour E, pour moi, la no-life que je suis pleure toutes ses larmes virtuelles.
Ou pas.
Py m'a refilé sa crève et j'étais, malgré tout, heureuse au possible d'être dans ses bras en plein orage.

" Vu la tonne de moutons que j'ai sorti de ton ventilateur, tu m'étonnes que ton ordi mourrait...
Encore quelques heures et il était bon pour le grill. Voilà ton ordi chéri ! Un bisou au rat !!"

En culotte, un verre de rosé géant, ma clope, Stairway To Heaven, mon mec dans la douche,
je me suis sentie une femme pour la première fois de ma vie à enfin apprécier le moment présent.

Sa soeur nous a offert le champagne. On l'a siroté avec Coldplay, et les câlins de Couette-Couette.
J'ai adoré Pammy, son adulescence, sa blondeur, on a bouffé comme des vaches, j'étais heureuse.
Moche mais heureuse.
Je dors mieux, je dors bien dans ses grands bras, je le laisse se coller contre moi, on s'emboîte,
j'ai toujours adoré nos réveils d'amoureux, front contre front, pisseurs et lovers en cascade.

J'espère garder cette trace, cette cicatrice blanche, sa patte de rat qui a griffé ma cuisse.
Couette, c'est ma reine, et à jamais.

"Tu sais, j'ai le coeur brûlé depuis tellement longtemps..." Cette phrase pour toi.
Et cette phrase pour moi.

"Putain, t'es maigre..." Merci, merci.
"Putain, t'es vraiment maigre, tu veux pas grossir un peu?...."

"Putain, qu'est ce que t'es belle......"
A la recherche de l'emboîtage parfait. L'amour sans même se réveiller.
"Elle m'a dit que tu étais un rayon de soleil."
Je me sens un peu plus importante à ses yeux chaque jour, chaque soir, je crois, je vois,
quand on fait tomber la lampe, quand on rit comme des glands, quand il me serre vraiment fort,
quand il murmure des mots doux avec ses yeux, quand il s'inquiète et qu'il est en colère.
Je suis une pisseuse, une vraie, une allumeuse, une chouineuse.
Et Couette qui me fait la teuf quand je rentre l'embrasser de tout mon coeur.
C'est le smile. Finalement, c'est peut être juste ça, un peu, peut être, un jour, le bonheur.

Je lâche pas mes potes, et même Yohan est jaloux d'un café sans lui.
Xavier a attendu que je me remette avec Py pour venir me parler. Idiot. Bécaaaaasse!
On tombe la cortisone au fur et à mesure, ma petite poupée, elle est cro cro belle.
Mais c'est une vraie connasse. Pink Floyd en boucle, as usual.
"Tu vois, Coldplay, bah, c'est différent maintenant... Je l'écouterai différemment."

J'ai jamais eu autant de choses à faire, de cartes dans mon portefeuille, International Student,
la vie de tous les jours, la vaisselle, le ménage, conduire, encore, la corne à la main du volant,
les allers-retours et soigner Couette-Couette, la chaleur de son corps toutes les nuits,
le sport, transpirer, râler, recommencer, les copains, les cafés, les conférences soporifiques,
"Dites, vous faites toujours du baby-sitting? Je suis interessée....!"
Ma licence d'apnée, l'entraînement, mes coups de stress, mes angoisses, ses yeux.
Et surtout le Speed et nos étalages de crème glacée au cookie. Sans doute la jouissance.
"On part en tawa le 31, tu es des nôtres?"
Puisque c'est sûr, et rien ne dure, alors c'est oui.
Et même si elle glisse, c'est la meilleure, la meilleure, ma Cwingo, mieux que toutes les autres...
"Franchement? Franchement... Ouais !"
C'est fini, Travian, les châteaux, comme elle dit Cé, les villages, les attaques, j'ai fini, ça fait bizarre.
Barbie, j'te Ken, ils sont oufs à E, j'aime pas les "Rebelles Rayban", bon, sauf Loïc, ils sont chelous.
On n'a jamais cours, ou presque, alors je dors, avec ou sans Lui, je dors pour mieux renaître.
Bien sûr, j'ai peur, bien évidemment, je n'y crois pas, je ne le vois pas, je suis aveugle, c'est sûr.
Le Zoo, en voiture, j'avais peur qu'un T-Rex vienne subitement déchiqueter la Golf en plein orage.
C'était horrible de voir cet éléphant dans son enclos sinistre, vieux et triste et surtout sale.
Burkina Faso for ever, les défenses en toute liberté. Naturellement.

Je veux devenir Octave Parango.



J'ai buggé sur la balancelle. Dis, ça fait de moi quelqu'un de fou?

# Online seit Freitag, 02. Oktober, 2009 um 18:19

Geändert am Mittwoch, 21. Oktober, 2009 um 14:57

"Attends, t'as coké avec quelqu'un d'autre?"

"Attends, t'as coké avec quelqu'un d'autre?"

C'était atroce en fait. Bien pire, bien plus vrai que ce semblant de dérapage l'hiver dernier.
J'étais à peine en retard, j'entamais la descente vers Cassis. Longue suite de virages assez larges.
J'ai commencé à freiner que c'était déjà trop tard, ne plus contrôler sa voiture, contre-braquer,
zigzaguer, j'étais terrifiée, y'avait des voitures en face, le ravin, des barrières, un mur,
des gens partout, ça klaxonnait et ma voiture hurlait, j'ai fait un 360, ce moment atroce,
celui où tu vois le mur qui se rapproche et qui s'éloigne, je tenais mon volant, affolée,
et puis d'un coup ça s'est arrêté, j'avais traversé les deux voies, sens inverse, tout le monde criait,
y'avait plusieurs voitures arrêtées en cata, j'ai mi le warning, j'arrivais plus à démarrer,
mais j'ai forcé, je tremblais de tous mes membres, la Cwingo aussi, j'ai retraversé,
je me suis arrêtée en warning un peu plus bas, je paniquais, je ne comprenais plus ma caisse,
mon coeur débordait dans tous les sens, j'ai essayé d'appeler Py, pour tomber sur son répondeur,
j'avais peur, je m'en voulais, c'était pas ma faute, mes pneus lisses, cette route de merde,
je roulais deux fois moins vite que d'habitude, c'était pas assez, j'ai serré les fesses, soufflé, démarré.
Je suis repartie la peur au ventre. J'ai stressé toute l'aprem de faire la même route dans l'autre sens.
Je me suis faite insulter.
Et ça s'est bien passé. Et j'ai roulé comme une saucisse.
Et j'avais plus confiance en mes mouvements, mes virages, et ma voiture.
J'ai dit à mes parents que la route glissait un peu.
A moi de gérer mon corbillard. De rouler doucement quand la route est pleine de gras et de crachin.
J'ai eu de la chance. Déjà Montpellier, Rougiers, et maintenant Carnoux-Cassis.
Tempête de vent sur la Gineste au retour de Marseille.
On dit que toutes les voitures glissent, c'est faux, la preuve de La Audi.
Elle sera mienne. Si je m'en sors, d'ici là.

Il m'a fallu quelques jours pour arrêter de ressasser tout ça.
Les souvenirs qui se mélangent, les sensations des accidents, les corps ensanglantés aperçus,
disloqués, sur les bords des routes; la vie, la mort, les secondes si lentes. J'ai eu peur.

"Hé ben moi, tu sais, avec Lélé, on a fait du roller sur les quais du lac Léman, oui oui oui !"

A E, ils sont tous prétentieux. C'est facile de jouer le hippie mal coiffé quand les parents raquent.
Ils se vantent tous, untel a crée son asso de théâtre, untel a fait un roadtrip au fin fond de l'Inde,
untel a fait son stage à NYC tandis qu'il revenait de Mayamaye, "tu comprends, quoi."
Quelques personnes échappent à la règle. D'un côté, ils ont raison, ils sont sûrs d'eux.
De ce qu'ils sont. Mais ils croient contrôler leur image. Que nenni, je veille.
J'ai pas envie de devenir comme eux, brasser de l'air pompeusement d'un ton blasé.
Je suis consciente que je fais partie de l'élite E-médienne, même si je ne me sens pas concernée.
Pour l'instant, je suis un peu déçue. Je kiffe passionnément Madelin, Elsa, Loïc. Nous quatre.
Les cours m'ennuient, les coachs m'énervent. J'ai payé pour glander.
J'ai cette attente en moi, je veux à tout prix profiter de la réputation de l'école pour trouver.
Parce que j'ai repris un peu du poil de la bête. Je veux travailler en agence de pub.
Je veux vraiment être Octave. Je veux être concepteur-rédacteur.

Py m'a offert plein de balles pour mon piercing à la langue.
Ca m'a fait un choc d'apprendre de Yo que le père de Rémy était décédé.
Ca m'a fait de la peine pour lui, je n'ai rien regretté, j'ai juste imaginé sa peine.
Et maintenant Céline. C'est bien triste. 'Faut toujours trouver des raisons d'y survivre.

J'ai repris l'apnée, j'étais super stressée de me re-présenter, peur de mes performances.
Je me suis trouvée nulle et Jacques m'a trouvé bien. Jacques, c'est le prof.
Je nage mal en apnée mais je connais par coeur la sensation de liberté au fond de la piscine.
Le silence, la couleur du fond, les lignes noires, le bout, le mental, le retour à la surface.
Je voudrais rester des heures à améliorer mon statique, mais y'a déjà Xavier le vendredi soir.
Je ne m'en lasse pas.
J'arrive à trouver l'équilibre, un minima de 4h par semaine. C'est si bon.
Je gagne en souplesse, en confiance, en grâce, peut être. Tai Chi.

Et puis mes coupains.

Il m'a murmuré ces mots en me doublant sur l'autoroute, j'étais sûre d'avoir mal lu sur ses lèvres.
Et puis en sortant du péage, il m'a regardé à travers la vitre. Et a articulé.
J'ai piqué un fard, rictus de bonheur, "moi aussi...".
Plus tard, on se serrait très fort au soleil, devant la pompe à essence, café, chaleur, bonheur.

"Venez! C'est l'heure!!"
Manteau flambant neuf, des kilos de patates, et puis mes mecs, on avait faim,
on picole et on rit et ça balance et le cul et les patates qui cuisent pas et le fromage,
et je me sens bien, là, avec mes coupains qui trinquent en cul sec.
La soirée se passe à grignoter, raconter des conneries, ça descend vite, on est déjà tous assez pompettes,
j'ai plein de messages de Py, j'hallucine, vraiment pas habituée à tout ça, ça fait plaisir,
à cloper sur la balancelle dehors, ça sent la bière, les fous rires, j'ai pri un revers de mur dans le crâne,
j'ai mal, mais qu'est ce que ça tourne ! La soirée se passe. "J'ai mon verre vin!!!"
On s'empile comme des larves après avoir craché de la bière sur le visage de Greg, OSS 117.
On rit un peu et puis ils s'endorment. Moi ça tourne mais je veux retourner voir la pucelle à la maison.
Alors je pars, il est tard, j'ai bu, zébu soif, je tire la langue dans les virages, c'est dur, vitre ouverte,
je regrette pas, j'aime mon rat qui enchaîne les crises, j'ai peur pour elle, son petit coeur qui pleure.
J'ai des bleus d'être tombée dans les buissons, un mal de crâne en folie depuis des heures.
C'était un dimanche à boire le café avec Yohan à l'ombre des platanes de la Renai'.
Py est parti en mode pêcheur, et j'ai tout à fait l'impression qu'il est encore présent.
Cette nuit, j'ai imaginé la mort de Couette, j'ai pleuré de la retrouver toute morte et toute froide.
Je vais augmenter la cortisone qui n'agit plus assez pour la soulager.
Elle va mourir, mon petit bébé cul.

Il m'a appelé "Amour", je n'ai jamais eu autant envie d'oublier le passé.
J'arrête pas de rêver de ces vieux souvenirs, ça me retourne, ça me suit, ça me perturbe.
Je me réveille de ces rêves pleins de V et de M et du Sacré-coeur et je crois que c'est vrai.
J'ai le coeur qui bat à tout rompre et Couette réclame sa cortisone.
Alors souvent je me lève, elle me lèche le doigt, Simba, et puis ça va mieux.
Je suis très déçue des compétences d'E.
J'passe ma vie à courir, je m'enfile des litres de café, je m'écroule après le sport.
Couette mange des insectes, et moi je mange sans même me rendre compte. J'ai pas le temps.
J'ai toujours un peu peur dans les grands virages secs, mais j'ai fait changer mes pneus.
Y'a que des chèvres sur la route, et quand on arrive à Rougiers City, on est accueilli par du brouillard.
Je hais l'hiver, je ne rêve que de passer ma vie à larver dans ma couette, à la lueur du petit matin.
Madelin m'appelle "mon amour", alors je l'engueule.
Je suis toujours en train de faire l'essence, je sais, c'est pas français, mais j'encule le monde.
J'ai envie d'écrire pour toujours, j'ai envie de vivre le style et de taper mes mots, mais je ne peux pas.
Je me sens parfois dérangeante, grossière, mal élevée, hideuse, idiote.
Mais j'ai des méchants obliques, et les lombaires bien musclées.
Myriam me félicite de mes progrès au step, Fabienne me replace en me disant "ma puce".
Je sais pas.
Ma mère, desfois, c'est presque ma pote. Et puis soudainement, elle me les brise copieux.
Avant Py, je supportais pas qu'on me colle quand je m'endormais.
Je detestais ce souffle sur ma nuque, c'est froid, ça me chatouille, on me ronfle dans l'oreille.
On dort sans moi, on m'abandonne, je suis seule au monde. J'ai chaud et j'ai mal au dos.
Et lui il m'emboîte. Il colle ses grandes cuisses recroquevillées contre mes fesses,
et puis il me serre dans ses bras, même qu'il est trop lourd, même qu'il ronfle plus trop.
Et puis la nuit, il gémit doucement en me serrant plus fort, je me sens bien.
Et puis après, j'ai cherché l'emboitage parfait auprès d'autres hommes, d'autres corps.
D'autres odeurs, d'autres amours, d'autres sentiments.
Des cuisses maigres, moelleuses, dures, fermes, inexistantes, poilues.
J'ai besoin de ses jambes contre mon cul, la nuit. C'est dingue.
Je sais pas si on a un avenir ensemble, s'il en a envie, si ce sera possible un jour,
m'imaginer vivre avec lui, croire en lui, en un amour possible et réel, grandir.
J'suis un peu kéblo sur mes mots; mélange de remords, honte, peur, culpabilité, tristesse. Angoisse.
J'ai juste très peur de me faire encore plus mal.
Le sport me donne plus confiance en mon corps, et plus j'en fais, plus je vois mes défauts.
Je veux être parfaite, courir après l'impossible, la passion, la haine, toussa.
J'veux vivre.

Il fait nuit dans la voiture, musique électro en fond sonore, les mecs discutent et rient,
et en ce moment presque magique, tout s'éloigne de moi, la lueur de mon téléphone,
le cerveau penché dans des réflexions, des émotions, toute mon amitié dans ce texto.
Je n'entends plus rien car je suis ailleurs, à tapoter des mots sincères pour elle.
Je verrouille mon samsung, il s'est passé cinq minutes qui m'ont semblé des heures,
à lui dire que j'étais son amie. Je regarde au loin. Les arbres, la forêt. Il me manque aussi.

Je suis effrayée par le fait qu'il oublie tous nos écrits.

J'ai une famille à chier. Une cousine décérébrée, son frère jumeau ultra-violent et manipulateur,
un cousin autrefois chéri qui m'a définitivement enterré, une tante mégère et hypocrite,
une grand mère à la couille molle et bigote comme pas deux, une arrière grand-mère tyrannique,
un oncle mongolien, mysogyne, mythomane et homosexuel refoulé, des faux culs à la pelle,
des alcooliques, des drogués, des dépressifs, des gens calculateurs et fourbes, et faux.
Très faux. C'est vraiment pas un cadeau. Même mon père en a honte.
Mais ça me fait du mal d'avoir une famille inexistante, qui ne me connaît pas, qui ne m'aime pas.
Ca me fait mal pour nous quatre, on est là à sourir péniblement, coller des morceaux qui n'existent pas.
Passer à côté du partage familial, des fous rires et des souvenirs. Noël, je n'en veux plus.
Je ne connais pas la famille de ma mère, elle n'existe pas non plus.
Je n'ai jamais pu me confier à ma marraine, mon parrain nous a oublié depuis longtemps.
Je ne me reconnais dans aucun d'entre eux, ça me fait mal de leur ressembler physiquement.
J'ai les mêmes mains que ma grand-mère, et une passion immodérée pour le violet.
J'ai la tronche de mon arrière, de ma tante, les cheveux de mamie et de mon père.
J'ai le regard corse des Napoleoni, des Ruberti, je suis allergique à l'église, la religion.
Je suis sanguine, je bouillonne, j'ai la violence et la haine, comme eux. En moi.
Je hais me voir à travers eux dans une photo. Ma mémoire pleure Guillaume, mon double.
Je déteste l'odeur de chez Arlette. Et je hais avoir Magali en deuxième prénom.
Ils ne m'ont apporté que des larmes, de la déception et des regrets.
Je n'ai de sentiment positif pour aucun d'entre eux. Clara me ressemble et ils me l'ont enlevé.
"Mon dieu, c'est fou ce que les profs arrêtent pas de dire à quel point elle te ressemble!
On l'a même appelé Laetitia! Tu te rends compte!..."
Non, je ne peux plus me rendre compte, j'ai oublié quel âge elle a. Le son de sa voix.
La lueur vive au fond de ses yeux.

Finalement, notre quatuor oedipien n'est pas si mal comparé à l'intégralité de ma famille de loosers.

# Online seit Mittwoch, 21. Oktober, 2009 um 14:58

Geändert am Samstag, 31. Oktober, 2009 um 09:29

"Mais attends, t'es pas une merde, j't'ai laissé conduire ma Golf!!"

En fait, c'est comme la Chinoise de l'amphi qui me kiffe trop,
elle est delongue en train de me tripoter les bras, en me souriant, de ses dents bridées :
"Olala, tes yeux est graaaand aujou'd'hui...!"

J'étais là, occupée à déguster mon Mac Flurry (Daim - Nappage Caramel), la nuit, sous L'arbre,
à contempler l'autoroute, la boîte de Nuggets vide, les frites bien grasses, ses yeux suppliants;
maîtresse de ma vie, proche de l'avenir, amoureuse, sûre de moi.
Ca n'a duré que cinq minutes, je me sentais bien.

Elsa, elle rigole beaucoup avec sa bouche, là. Parfois, elle pouffe de rire comme Sara.
Et je me rappelle alors à quel point j'adorais les fous rires de Sara, ses regards complices.
Sara, avant qu'elle ne nous décoive toutes.

Py s'est ramené à l'heure avec une orchidée. J'étais trop choquée.
Ca m'a rappelé les fleurs de Manu, et étrangement, ça m'a fait encore plus plaisir.
Je parle tout de même de l'Homme sans Coeur...
J'ai même eu droit à du champagne, du coca. Et des noix de cajou.
Mais bon, à la fin, on s'en fout.
" Tais-toi Bichette, j'te fais un gommage, là !"

Je me casse le cul à regarder Mad Men en VO, puisque les VOSTFR ne sont pas encore faites.
Tant pis. Je loupe quelques subtilités, mais ça me fait bosser. En plus de me faire kiffer.

"Mais enlève ton soutif, merde! J'en ai marre que tu caches tes seins...."

Les gens sont cons. Les gens sont ahuris. Dans la queue du supermarché, au téléphone,
dans la vie, dans les mails, à la télé. Le monde de ceux qui savent orthographier des mots.
Ceux qui parlent pompeusement, ceux qui manient le verbe avec aisance, parfois trop,
qui brassent du vent, qui pissent dans un violon. E., ou l'école du Rotary.
Et les autres. Les crétins de TF1. Les ménagères. Les illettrés.
Je sais pas si c'est moi, mais franchement, pas de culture, pas de cervelle, pas d'intelligence.
Pas d'étincelle. Ils m'ennuient.
Je suis une grosse cruchasse, une nouille, une petite merde, naïve et égoïste.
Mais quand même. J'ai l'impression de basculer entre tous ces mondes là.
J'ai l'impression que les gens sont crétins, demeurés.
Parfois je tombe sur des gens qui me scotchent, de par leur savoir, leur modestie, leurs connaissances.
Moi, je déteste ne pas connaître les choses. Parce que je surkiffe avoir des bottes secrètes en musique.
Mais je n'y connais rien en art. Ca me complexe. Py veut aller visiter des musées, des expos.
Et moi j'suis là, à balancer mes bras, ça ne m'a pas interessé autrefois.
Je passe pas le cap du "mais y'a des gens qui meurent de faim et toi tu me les brises avec ton urinoir..."
J'sais pas. Et quand je vois "tournez manège", j'ai envie de me pendre.
En attendant, à E., on méditerrannéise le marketing, c'est passionnant, on dort en bavant sur les laptops.

Et j'suis là, à finir le champagne seule, parce que sinon ça tourne et c'est trop bête,
et en fait j'suis un peu bourrée et ça me rappelle quand j'étais jeune, belle&rebelle, seize ans,
à me fumer un pétard toute seule pour supporter l'absence de Manu, et j'étais trop défonsée,
et j'avais tellement kiffé en me rasant les jambes que j'avais recommencé.
Je sentais même plus le sang qui coulait de partout, parce que je me coupais, parce que c'était bête.
J'étais juste décalquée, amoureuse, c'était sans queue ni tête, ma jambe dans l'évier bleu,
le contact de la lame sur ma peau que je pensais douce, si douce, et si protégée.
J'ai eu des croûtes de partout que j'ai gratté frénétiquement pendant plusieurs semaines.

J'ai toujours eu ce truc, ce lien, ce partage d'avec les grande surfaces, les galeries commerciales,
et surtout Auchan, mon quartier, les chemins de mon enfance quand je sautais au dessus des plots,
ma mère, quand on faisait les courses avec Isabelle et Guillaume, les chariots pleins,
la belle époque, royale, à sauter dans les flaques quand il pleuvait.
Auchan, c'était toujours la fête, j'avais toujours des cadeaux, même si je me faisais engueuler
tout le temps dans la grande allée centrale et que ça finissait en drame.
Auchan, j'y passais des heures à me pourlécher devant les chocolats, les bonbons, le nutella;
j'passe des heures à regarder les placement produits, les PLV, les têtes de gondole.
On nous prend pour des truffes, mais j'ai toujours aimé faire les courses.
Surtout quand j'peux, surtout quand j'ai assez de sous pour manger, des glaces, des yahourts,
des conneries, des Oero, du beurre de cacahouètes. J'aime bien manger de la merde bien sucrée.
Auchan, ils peuvent changer autant qu'ils veulent, à Aubagne c'est chez moi, je connais par coeur.
J'y retrouve tous les gens de mon village, ils sont restés fidèle à la zone des paluds.
Auchan, ça me rapelle tellement quand j'étais petite que je déteste aller à celui de la Seyne.
Même si c'est celui de Pierre-Yves, c'pas le mien, ça m'énerve. J'aime pas. En plus il est pas pareil.
Ca me fait juste chier la lenteur et la bêtise des gens à la caisse. Je m'affale toujours en baillant.
J'aime bien décoder les packagings, ne pas me faire avoir, comparer les publicités, la réclame.
On nous prend vraiment pour des hyper-consommateurs sans cervelle qui croient en avoir une,
alors on leur fait croire qu'on le sait qu'ils en ont et ils kiffent. Et ils achètent.
Et on achète.
Enfin, j'me comprends.

Je me déchaîne au cardio parce que y'a que ça, et puis je me tue, des courbatures,
Myriam nous a regardé tout à l'heure et elle est venue me dire que je dansais super bien.
Ca m'a fait plaisir. Juste, sincèrement. J'étais vraiment contente.
Et parfois j'ai tellement mal partout que j'interdis à Py de me toucher. Mais je me gère.
Enfin, je crois.
Couette est mourante pendant deux jours puis pète le feu le sur-lendemain.
J'arrive presque à faire le vrai grand écart.
Je compte vraiment sur ce baby-sitting, j'en ai rien à foutre des gosses, désolée mais je m'en branle,
je veux juste cloper et fumer et conduire et bouffer, aussi.

La Môme, ça pue. Je m'en fous du lien avec ma famille, ça pue la merde.
On a fait le plein de navets ce week-end, entre Nicolas Cage et Cinéman.
Le trio d'amateurs de glaces, on a larvé sous la couette pendant deux jours.
Py et moi, on n'arrête pas de picoler, on n'arrête pas de bouffer, de rigoler, de s'embrasser.
Des vrais pisseurs.
J'ai pensé à toi, tu sais, comme à chaque fois. Les doigts de l'homme au cinéma.
Nan, je mets un lien, parce que sorti de son contexte, on va me traiter de nympho, en fait.

"Et alors, tu lui as fait quoi?"
"Je lui ai touché les cheveux, ils étaient gras, mais elle était belle."

C'était merveilleux d'en rêver, et avant d'être une apnéiste aux performances inégalées,
je suis devenue une danseuse classique qui répète des ballets à Hong Kong.
Et c'est le petit matin, la baie, et les cliquetis des pagodes au loin, l'air frais de l'aube,
le soleil qui se lève derrière une montagne posée là, la mer est d'huile, bleue, violette,
libre, solitaire, ouverte.
Offrante, je m'élance gracieusement d'un ponton en bois et silencieux.
Je nage, et même plus, je fends les eaux à la puissance et la grâce de mes bras,
je ne respire pas car je n'en ai pas besoin. Je ne suis pas réelle.
Et dans ce paradis rêvé, des dauphins me rejoignent, je suis la reine des eaux.
Mieux qu'une sirène, la plus méditerannéene des humaines. Je parcours des kilomètres de passion.
Je passe des heures à virevolter sous l'eau avec les dauphins.
Et puis mieux qu'un songe les yeux ouverts, Py a décidé de se retourner dans son sommeil,
m'écrasant par la même occasion.
Je me réveille, je me lève pour aller pisser, les yeux humides, le coeur débordant d'émotion,
celui çi me murmure "Hong Kong, Hong Kong..." tandis que je me rendors dans Ses grands bras.

Avant cela, je rêve que la maison de Pepao est transformée en labyrinthe pour apnéistes,
mais bon, c'est balot, ça fait déjà deux fois qu'elle s'écroule, et il arrête pas de pleurer sur sa chaise.

"Regarde moi, t'es belle."

Le vieux machin a dit que pour le trampoline, il était trop vieux, que c'était pour les gosses.
Tandis que je sautais toujours plus haut en m'imaginant voler comme Peter Pan,
Py redoublait d'effort pour exécuter un salto avant impeccable, à s'en briser les reins.
" Regaaaarde, Pierre-Yves!! Regarde mon ombre!!! Je veux jamais grandir!!!! Je suis Peter Paaaaaan!"
A la fin, c'était lui qui chouinait "allez, un dernier!!! allez!!! juste un p'tit dernier salto!"
Et puis au karting, au début j'étais bidon, j'avais peur de déraper dans mes virages,
réflexe de traumatisée, et puis j'ai pris confiance, j'ai pri mon pied, mais pas suffisamment pour être forte.
Je me suis brûlée les mains sur le trampo, je me la jouais grâcieuse, sauf en tombant sur la tête.
On a ri comme des gosses et j'ai presque pleuré tellement j'étais fatiguée.
C'est pour ça que j'ai détesté le film d'horreur avec les zombies. Ca me fait peur.
En plus il ronfle, mais ça, j'ai pas peur.
"Tu vois, c'est bien, on s'est engueulés, et tu ne t'es pas barré! Y'a du progrès, minou..."

"Mes filles, elles demandent si pour le baby sitting, vous pourriez ammener le rat..."

J'ai retrouvé Maria un peu plus vieille, mais toujours la même, à faire la cueillette sur la table.
On se comprend, c'est tout, on est différentes, mais chacune sait.
Chacune sait à quel point le manque de confiance en soi nous fait cruellement défaut.
Alors on invente, on réalise, on fuit, on se défile, on assume, désespérement heureuses.
Elle m'aide parfois à y voir plus clair dans le comportement de certains autres.
Elle vante mon intelligence et moi je m'extasie devant son rire, je la regarde toujours, passionnée.

"Py, la dernière fois que t'es allé à une compèt', on s'est séparé.. Ca fait trop bizarre.
Et puis j'ai l'impression de te parler de toi alors que ce n'est pas toi... C'est pas toi qui m'a fait si mal!"

"Et sinon, quoi de neuf, t'es toujours avec Manu?"
Ca fait mal. Oulala que ça hurle et que ça tabasse mon p'tit coeur, mon ventre affolé.
Elle se rappelait de tout : Blub, Valerio, Valentin, Cottez, Pauline, Maé Lise, le Sacré-Coeur.
On était à E, et puis elle connaissait tout. Je l'ai noyé d'un flot de souvenirs amers.

J'ai ce regret de câlins fougueux, sur le pas d'une porte, sur le quai d'une gare,
devant une voiture qui chauffe au petit matin, entre deux rues, entre deux mondes,
peut être que je suis plus vieille, peut être qu'il est trop vieux, peut être que ce n'est plus ça;
mais tout en détestant les adieux, les au-revoirs, j'aimais aussi l'embrassade desespérée,
la bouche de celui à qui j'avais tant manqué. J'ai detesté croire en un amour absolu.
J'ai toujours envie de le serrer dans mes bras quand je le vois. Et je l'embrasse poliment.


"Mais attends, t'es pas une merde, j't'ai laissé conduire ma Golf!!"

# Online seit Dienstag, 03. November, 2009 um 04:38

Geändert am Sonntag, 15. November, 2009 um 10:52

"Et qu'est ce qu'elle veut la ménagère? Du rêve, bon sang ! DU RÊVE..."

"Et qu'est ce qu'elle veut la ménagère? Du rêve, bon sang ! DU RÊVE..."

Il y'a des gens ici qui me disent bonjour, parce qu'ils sont dans ma classe et qu'ils m'ont remarqué,
et moi je réponds bonjour parce que je suis un peu polie au fond, et je ne sais pas qui ils sont, ces gens.

Jocelyn Quivrin est mort, j'en suis très triste, j'ai phasé; toute la nuit j'ai rêvé que je tuais Py par ma faute.
Sa voiture s'emballait et moi en reculant je nous faisais tomber dans le vide, il ne bougeait plus du tout.

"J'en ai marre de cette bague.. Demain, on trouve une bijouterie et je t'en achète une, ok?"

C'est plus fort que moi, je la remets en boucle, partout, tout le temps, dans mon Ipod,
et je serre ma main très fort contre lui, dans ma voiture, et je regarde Marseille au loin dans la Gineste,
et puis j'ai des frissons quand Gilmour ouvre délicatement ses lèvres :
"Overhead the albatros hangs motionless upon the air ...."
Et puis j'oublie tout et je me laisse porter par l'album Meddle, le temps d'un aller-retour.

J'ai pas envie de le voir comme une groupie, il en a suffisamment, entre le star system de Pierrot,
l'albatros classé en compétition d'apnée, non, il ne me reste que peu de temps pour avoir Py, le vrai.
Ca ne m'empêche pas d'être fière de lui, mais non, je veux sortir du lot, je veux pas le bader.
Je veux pas le kiffer pour ce qu'il réussit ouvertement.

J'ai tellement mal au dos que j'ai dû arrêter le cours, j'étais pire que fanée.
J'ai mal au dos depuis 24H, sans savoir pourquoi, mais ça fait très mal.
Ca me nique toute ma semaine de sport, me donne mal à la tête, ça me fait chier.
Samedi je fais du baby-sitting, il me faut des sous. Couette roupille.
Je vais lui faire son dernier cadeau, un nouveau nid, le sien est complètement déchiqueté.
J'imagine, je pense, je crois qu'elle ne passera pas l'hiver.
Mais pour une pucelle condamnée, ça fait déjà trois mois de sursis.
J'observe sa décoloration, son déplumage, c'est la cortisone, je le sais, mais il le faut.

J'attends ma bague avec impatience, ça fait pisseuse, c'est tout un symbole pour moi,
enfin ranger la bague de Manu, ma bague de fiancailles, toutes les promesses de nos seize ans;
un resto, Aix en Provence, l'amour d'adolescents, et puis les déchirures.
J'ai hâte de l'enlever pour la déposer dans une misérable boîte à bijoux.
Qu'elle y prenne la poussière, c'est tout ce que je souhaite. Je veux m'avancer.
Autour de moi, les gens se trompent, se mentent, se font du mal, sont hypocrites,
des orgies d'adultères et de tricheries, comment faire confiance, hein, comment faire confiance?
Les filles ne souhaitent que s'amuser, voir du monde, des amants, des yeux, des fesses,
elles veulent de la baise, du changement, je sais pas, je me sens vraiment ailleurs.
Elsa pense comme moi, ça me rassure, ça me console un peu.
Elevée par des principes, des parents qui s'aiment au bout de trente ans de mariage,
j'aime la passion, je reste pas avec quelqu'un quand je m'ennuie, ça m'excite pas de me faire sauter
par n'importe qui, j'sais pas, j'suis peut être trop fleur bleue, mais moi, quand j'aime, j'aime.
Je change pas d'avis comme ça, je suis fidèle, parfois tentée mais toujours fidèle.
J'aime pas virevolter, j'ai besoin de reconnaissance, de tendresse, et surtout de complicité.
Comment peux tu être complice en baisant avec quelqu'un que tu ne connais pas?
Moi j'ai besoin de rire et de sauter sur le lit en enfilant un caleçon racorni.
J'entends mes potes parler de chiennes, de baise, de salopes, de filles qu'ils se tapent sans remords,
je veux pas qu'on parle comme ça de moi, je veux pas les récits de Madelin sur son foutre de la veille,
je veux pas qu'on me considère comme une fille facile, alors je dégage, parfois je crains,
parce que parfois j'allume et je me casse, je m'en rends même pas compte.
Des choses m'échappent, sûrement. Peut être qu'un jour moi aussi j'aurais cette envie là.
Pour l'instant, je ne cherche pas grand chose de plus épanouissant qu'une relation stable.
Ce serait déjà un pas gigantesque d'arriver à cela avec Py.
J'ai du mal à imaginer l'avenir avec lui, j'en ai envie, je le désire, j'espère, malgré les différences,
malgré la barrière de l'âge, ça pourrait être possible. J'ai toujours peur, j'ai très peur.
Déjà, s'il se barre pas en emportant son coeur de pierre, ça serait exceptionnel.

L'homme sans coeur aurait un coeur. Ca me perturbe.

Mon toubib il est cinglé, voilà, il est là à me faire souffrir, en soutif, à me torturer le dos,
il me dévore de bisoux tellement que je ris et que je crie en même temps parce que j'ai mal,
et il m'a embrassé le ventre en me disant "tiens, ça c'est pour ton mec.. La chance !";
Il se dit psychoté, je le traite de pervers, de pédophile, on rit, il est fort comme médecin.
Vraiment. Mon médecin traitant, mon médecin du sport, mon osthéopathe.
J'ai une contracture musculaire. Bon. Et il m'a tripoté dans tous les sens pour me remettre sur pied.
Overdose de Pop-Corn avec la Couettass.
J'ai froid et mon vernis sèche, et comme je suis une pouffe, je m'abstiens.
J'en ai rien à branler de Twilight, je m'en tamponne allègrement le pastoufly du foot;
baise les gens, tous des followers, des loosers, des moutons. Et moi dedans. Bah ouais.
"... pauvres enveloppes humaines marquées par l'étrangeté de vivre dans un monde rempli de caca."

C'est bon d'avoir des personnes sensées et objectives qui m'expliquent, me conseillent,
m'ouvrent les yeux; c'est comme quand Maria m'a dit qu'Elle avait agi comme une fille jalouse,
une fille amoureuse de moi. Et le but de me faire tant de mal.
Et puis là, ça m'aide à comprendre pourquoi cette meuf fantasme, s'obsède, s'obstine,
pourquoi elle kiffe et elle bade et elle complimente et elle lui suce la queue tous les jours.
Lèche lui les couilles tant que t'y es, il doit bien y avoir encore un peu de sperme d'artiste.
Ce pourquoi elle tente de combler sa vie de merde si lustrée. Non, non, je ne juge pas.
J'écris, je crache, je ne peux rien faire, juste lire et vomir ses commentaires admiratifs.

Mes parents ont eu leur première offre, pour le Cameroun, je me sens un peu seule.
J'ai foiré toute ma semaine de sport, juste quand le beau Xavier remplace Myriam.
Une vraie drogue, je suis frustrée, énervée, je tourne en rond, en plus j'ai mal.
Y'a des choses plus graves, comme mon découvert, mon absence d'envie à E., mais;
ça ne m'aide pas à patienter, ça ne m'aide pas à décoller. Je veux du rave.

Ca faisait des heures que je tournais en rond, façon de parler, et ma douleur concentrée,
en plein de petites pointes dans le dos, Couette qui crisait, et moi je bouillonnais;
je l'ai réveillé, enfin, il était tôt dans la matinée, et j'ai pleuré, j'étais tellement frustrée,
tellement fatiguée, petit bouchon épuisé et en mal d'amour.
Il a pris mon visage larmoyant entre ses grandes mains et m'a caressé les joues pendant tout ce temps,
ce qui m'a semblé être des heures. Et puis, j'ai eu honte. Alors j'ai arrêté de pleurer.

"Dis, c'est toi qui a dessiné un coeur sur ma voiture?"
Il m'a dit qu'il en avait les larmes aux yeux, tellement c'était beau, nous, Pink Floyd.
Je crois que nous sommes définitivement tombés dans le pissage.
Avec ça, le baby sitting annulé, les chieurs pour le jeudi soir, l'exposé que je n'ai pas fait,
mon découvert, mon dos peut être un peu moins bloqué, Couette toujours survivante.
La vie, en somme.

"Ben moi, quand je veux des nouvelles, je viens lire ton blog!"
Bah voilà, enfin une qui a tout compris.

J'avais le coeur qui battait à tout rompre quand Antho s'est tourné vers moi,
enfin sérieux, je crois que c'était la première fois de sa vie qu'il me considérait, enfin,
j'étais égale, j'étais une femme, prête à me défendre, prête à ne pas pleurer, ne pas crier,
juste riposter, assumer, encaisser, tout prendre. Je voulais juste me prouver que j'avais grandi.
"Mais, on t'as fait tant de mal que ça au collège? T'avais l'air forte, pourtant..."
Forte à en chialer tous les jours. Forte à pousser mes parents à me déménager de là.
Venant de la bouche de ce petit con, des excuses valaient chères. Je les ai eu.
"Regarde, grâce à nous, t'es normale, t'es habillée normalement, t'as fait des études..."
Enfoiré, va. On aurait presque pu devenir potes, tellement on était bien calés cette après midi là.
Le café, le coca le whisky, la chaleur du Nemrod et le sourire de Renaud.

Bonjour à tous, oui, pardon, pardon mes fans, chers et nombreux fans,
j'ai eu une légère surdose de vie sociale, d'ou l'oubli momentané de récits abracadabrantesques.
Wax Tailor? Hum, beaucoup de déception, de gens en délire, sauf lui, moi, normal,
on était trop occupés à faire les pisseurs, tripper ensemble, se serrer dans les bras.
Charlotte Savary a bien des varices sur les mollets. J'en aurais pleuré tellement j'ai pas aimé.

"Papa!!! Pa...PA! J'ai, j'aaaai, crevé, papa, j'ai crevé sur la petite route!! viens vite s'il te plait!!!!"
Bon, comme on me dit, c'est mon deuxième avertissement en un mois.
Déchirer mon pneu sur une ornière à 80 Km/h parce que je voulais m'imposer, c'est assez stupide.
J'étais pressée, j'avoue, je roulais trop vite, j'avoue aussi, bordel de merde. J'ai eu peur.
En pleine nuit à trembler sur le bord de la route, mais j'ai pas pleuré. J'ai pas pleuré.
"Mais attends, mais Titia, elle conduit trop bien, c'est trop une pilote!"
Ouais, mais en ce moment, bah j'ai pas la niaque hein, je fais que des conneries.

Je suis tombée sur des gros radins, des big loosers, des parents hypra chiants,
des boubourges, des françaises français, j'ai pas le droit au chauffage, mais ils m'avaient laissé de l'eau!
Je garde ces petits, je m'en cogne moi des mioches, j'ai besoin d'argent.
Ils sont pas très attachants ces minots, je les trouve très quelconques. Les pauvres.
J'aime bien les gosses avec de la personnalité, les enfants vifs et éveillés.
Alors bon, et puis je fais que stresser en ce moment, trop de galère, de pression,
de boulot, de question d'avenir, de finances, j'ai même pas le temps de penser à mes poils.
Alors pour oublier, je prends Couette et je me casse me bourrer la gueule.
Ce fut très efficace, j'ai louché tel un caméléon toute la soirée.
Et puis j'ai lu les textos que j'avais envoyé, le lendemain matin. C'est absolument honteux.
Clavier tactile et alcool ne font pas bon ménage. Mais bon, ça l'a fait rire.
Et puis moi j'ai retrouvé avec surprise un bonhomme sans cheveux. C'était chelou.
Et puis Maria que je connais si bien. Ses manies, ses peurs, son vomi, ses cheveux. Son rire.
Nous étions bien, là, au petit matin, au Gallia, face au soleil, en cuite, café, clope, pain au chocolat.
L'odeur de Marseille la sale qui pue du cul. Mais Marseille et ses mouettes. Je suis rentrée.

Et puis je l'ai retrouvé, Lui, sa bouche, son odeur, son corps, sa maison en bordel.
J'ai rangé, je me sentais bizarre, j'ai pas souvent rangé l'appart d'un mec, surtout pas le mien.
J'étais épuisée, à pleurer sans raison, à stresser, à angoisser, impossible de me détendre.
Il a été chou, il a été adorable, sauf lorsqu'il me traîne sur le sol parce que je veux pas me lever.
Il m'a réveillé avec le sourire, moi j'avais les larmes, je suis très lunatique tu sais.
Et puis vu que 2012 c'était complet, on est allé s'extasier à toys 'r us, des bulles de savon,
partout sur ton capot et dans ta voiture, et puis lui il jouait aux hélicoptères, moi je faisais de la trottinette.
J'avais une baguette magique, il m'a acheté des grosses grosses peluches, et des sucettes.
On parle en choeur, on se dit les mêmes choses, on se chuchote des mots doux,
spécialement quand tout le monde meurt dans le film parce que c'est la fin du monde !
J'ai dévoré un M, normal, vous allez m'dire, Couette-Couette aussi, on était bien.
J'étais heureuse qu'il soit là en voiture, tout près de moi, je chiais dans mon froc, une pluie diluvienne,
un orage tel qu'on y voyait presque comme en plein jour, panne d'electricité.
Je me suis endormie comme une merde, il me serrait dans ses bras. Des pisseurs, j'vous dis.

J'arrive pas à saisir tout c'qui passe autour de moi, les couilles des autres, les cours,
l'argent, le déroulement de la vie, le temps qui passe, les mots et les sentiments qui se fanent,
les enjeux d'une décision, la personnalité des gens qui nous surprend, je ne sais pas,
les feuilles sont presque toutes tombées et moi je marche, mon manteau est long et froissé.

# Online seit Dienstag, 17. November, 2009 um 09:50

Geändert am Montag, 30. November, 2009 um 15:44

Edward va avoir du mal à se retenir quand Bella va avoir ses règles.

Aussi détendue de la vie que je suis, je fus obligée de courir sous la pluie pour fermer le minuscule
espace de la fenêtre que j'avais laissé ouverte dans ma Coupine Cwingo. Huit heures du matin.
Je me suis rendormie aussi sec, pour rêver d'une sorcière rabougrie, j'étais Blanche Neige
dans un château, y'avait des feuilles d'automne plein le chemin, je ne pouvais m'échapper,
elle voulait me faire bouffer une pomme et me griffer les cuisses. Je lis trop.

J'étais stupéfaite de la charge de travail abattue en si peu de temps, presque fière de moi.
J'ai eu des dispositions à l'école, il fut un temps, j'allais vite, j'étais forte, j'ai arrêté de bosser.
Et malgré ma féniantise et mon jem'enfoutisme, je peux encore être capable de bosser dans l'urgence, intensément, en regardant Gossip Girl.
"Your one and only source into the scandalous life of Manhattan's elite".

Un jour je serai le meilleur dresseur
Je me battrai sans répit
Je ferai tout pour être vainqueur
Et gagner les défis
Je parcourrai la terre entière
Traquant avec espoir
Les pokémon et leurs mystères
Le secret de leurs pouvoirs

Je suis obligée de m'occuper de mes cheveux, c'est de la paille brûlée. J'en ai honte.
J'en ai marre de ma frange. Marre de me faire les ongles. Marre des réactions de ma peau.
Plus je fais du sport et plus je remarque mes défauts, mon bassin décalé,
mes os qui roulent pas ensemble au même moment, ma hanche pas droite,
mon genou qui fait mal et se bloque, ma cheville raide, mes coudes aigüs, mes bras tordus,
mes épaules difformes, mes omoplates sorties, mon cul en cube avec mes hanches,
ma frange incoiffable, mes épis, ma nuque énorme, mon cou de diplodocus,
mon cul qui tombe, mon aine qui ressort, mes pieds presque plats. Mais quelle souplesse!

Je me suis replongée dans Mesmerize, lui seul sait à quel point j'ai adoré cet album.
Ca me rappelle la chaleur du moins de juin, notre baccalauréat dans les mêmes salles,
le lycée militaire d'Aix en Provence, et "Old School Hollywood" qui sortait d'une chambre,
notre épreuve de Maths où aucun de nous trois n'a réussi à dépasser un 5/20.
Manu me souriait, l'air indestructible. Blub faisait des smiles, l'air confiante.
J'étais invulnérable, entourée de ceux que j'aimais. Il faisait chaud, si chaud. Si beau.
Le cours Mirabeau, les feuilles étaient vertes, le soleil sur les terrasses. J'étais amoureuse.
Les heures passées dans le bus en écoutant Mesmerize. J'ai écouté Hypnotize sans lui.

Des jours comme celui là, à avoir tant et tant mal au ventre que j'en viens à regretter,
j'en viens à tout regretter tellement ça me fait mal à l'intérieur.

"Et si ... Pour Noël... Je t'achetais... UN HELICOPTERE !!!!" Oh ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!
Le pauvre vieux des cheveux blancs.

C'est cette complicité qui nous fait pleurer de rire sans même s'être encore réveillés.
Je me croyais invicible sur la petite route de Rougiers.
Je frissonne au moindre choc, maintenant, je deviens une buse, j'ai plus confiance.
J'ai pas confiance en ma voiture parce que je la connais que trop bien.
Je suis très vulgaire comme nana. Faut il que je me soigne? Je ne sais pas.
J'aspire vraiment à me comporter comme je suis. Enfin, comme j'ai envie.
Normal de se calmer en société, normal le mûrissement d'un fruit déjà amer et blet.
J'ai cette déformation de l'oeil dès qu'il apparait une nouvelle campagne de pub.
Je sais que c'est un peu perdu d'avance, mais que voulez-vous, la fougue,
la passion et l'espoir de la jeunesse, comme un cheval qui se cabre;
je n'arrête pas de rêver d'Ayla, et dans mes songes, il me protège enfin.

"Mmm... Mais l'hélicoptère, c'est pour un garçon de quel âge? Ah... 41 ans... D'accord, je vois."
Je me charcute en permanence, et maintenant, j'ai un maillot une pièce. J'ai pas grandi.
J'ai autant de poitrine que quand j'avais neuf ans, mes marques de bronzage, l'été.
"Mais viens, tu vas rencontrer ma mère et ma soeur!!" L'angoisse.
J'imagine pas Couette-Couette en visite à E., même pour quelques heures. Et pourtant...
Demain, je fais un chèque de 5900 euros, ça m'fait déjà mal à l'aorte, rien que d'y penser.
Ma mère a pitié de moi, elle me fait à manger, elle me fait des courses, des sandwichs.
On survit. On s'achète plus rien, on vit, juste. Les cadeaux n'en sont que plus savoureux.
Je regretterai limite mes dix-huit ans, où l'argent n'était (presque) pas un problème,
j'avais pas d'autorisation de découvert, j'pouvais m'acheter des sandwichs tous les midis,
j'pouvais même aller faire les boutiques avec Mariak, m'acheter des culottes, des chaussettes,
j'avais juste à penser à l'amour perdu, j'pouvais réfléchir à comment faire craquer l'Homme sans Coeur.
Il est loin ce temps, j'avais pas le permis, j'avais pas Couette, j'étais presque libre, le Perrimonde,
Couette-Couette n'avait pas encore besoin de cortisone matin, soir, et nuit.
Parfois, j'ai l'impression de m'enliser dans la merde.
Alors je suis juste un peu soulagée quand j'arrive à régler un problème.

Mais y'aura pas de tout ça. Bon, je préfère ne rien dire.
Le cadeau va rester bien au frais dans ma voiture, en attendant des jours meilleurs.

Je me sens pas à ma place. Je les observe. Je suis plus dans leurs délires, transparente.
Ma faute? Peut-être un peu. Je les trouve tous hypocrites. J'aime passer du temps à regarder ma classe.
La plupart sont des individus pourris gâtés par leurs parents, ils se croient créatifs, mais formatés,
ils sont rompus aux écoles de commerce, papa et maman paient pour qu'ils se bourrent la gueule,
certains se mettent en retrait quand ils savourent leur café-clope à la pause. Ferment les yeux.
Je suis assise sur un banc, mes lunettes de soleil vissées sur mon crâne, je souffle ma fumée, en silence.
Je regarde ceux qui se sentent l'âme d'un leader. Ils parlent très fort, font de grands gestes.
Avant, c'était moi, ridicule aux yeux de certains, indispensable aux yeux des autres.
Je dois lutter pour me lever le matin. J'ai ce poids, là, j'ai pas le coeur léger.
Je ne trouve pas de raison essentielle qui me mettrait de bonne humeur.
Qui me donnerait envie de venir partager l'apprentissage d'un cours de marketing.
Alors je me force, je le fais pour moi, et puis j'oublie tout et je finis sur facebook.
Je me sens brebie galleuse.
J'ai tellement de choses à régler que je ne sais par quoi commencer.
C'est comme si on m'avait tapé sur les cuisses avec un marteau, j'ai du mal à marcher, les courbatures.
J'ai laissé le cadeau de Py dans la voiture. J'étais abattue.
Je souhaite juste qu'il me rende heureuse, un peu.
Je me sens cogner contre des étendues de murs, les uns après les autres.
J'ai besoin de souffler, de m'évader, de rire, de vivre. Je n'y arrive pas.
Plus j'observe les codes comportementaux et sociaux et plus je suis dégoûtée.
Nous ne sommes vraiment que de la merde. A espérer l'illusion, croire en l'impossible.
Mentir, manipuler, duper, tromper, raisonner, recommencer. Tout est dû aux E-médiens.
Ils sont jeunes et ne se regardent pas trahir le monde. Je pensais être pareille.
Je suis loin d'être une fille bien, la première à souffrir de cette solitude forcée.
Au milieu de la foule, fondue dans la masse, je me sens très seule.
J'ai besoin d'être vue par mes copains, je crois que je vais rester un peu sur Nans.
Il faut que j'existe.

J'ai encore le temps d'errer sans but, et quand je me regarde dans la glace, mon reflet bouffi et cerné,
je me trouve anormalement grosse et je deviens cinglée.
Je ne sais pas quelle drogue sniffer pour me sentir mieux.
Besoin de bras réconfortants, de mains sur mon corps, de tendresse, de me sentir jolie.
Aux yeux de quelqu'un de particulier qui n'a pas le temps, et je le sais.
Je le comprends, je le ressens, ça se devine, ça se dessine, tout se transforme.
Il est bien plus facile de ne pas savoir où aller quand ça va mal.

J'ai vu Rémy s'avancer et m'éviter, il boitait, j'étais frappée par le choc sur son visage,
il se payait dix années supplémentaires en deux mois. J'aurais voulu lui dire bonjour.
A défaut de lui pardonner, à défaut d'être gentille et attentionnée.
Alors je me suis noyée de café et de paroles, avec Yohan, comme d'habitude.
"Yo, je pense que tu dois me trouver très moche, tu es mon seul pote sans ambiguité."
On s'est goinfrés de tapas, j'étais bien au milieu de mes mecs et Mon mec, sa main sur mon genou.
Ce soir, j'ai froid, je vais essayer de retrouver des Lexomil.

Y'avait pas de Lexomil. C'était pourtant bon de m'endormir aussi vite.
Py m'a enfin fait le vier que j'attendais depuis si longtemps pour la bague de Manu.
J'ai eu l'impression d'avoir un mec normal, ça m'a fait plaisir.
Et cet abruti croit qu'il compte autant pour moi qu'a pu compter Rémy ou un autre.
Desfois, j'me dis qu'il a rien capté à ma vie. Mais vaut mieux qu'il ne sache pas, il pourrait encore s'enfuir.
J'ai trente idées de cadeaux à la minute, pour lui, pour ouam. Trop facile.
Y'a du verglas partout, plein de voitures dans le fossé, Sophie en pompier qui faisait la circulation,
y'avait des bris de vitre plein la route, elle m'a vu, elle a tourné la tête, m'a fait signe de ralentir.
J'aurais pu descendre de la voiture rien que pour la gifler. Je lui pardonne pas de faire pareil à ma mère.
Ma mère, on a fait les bourges, on a crâmé la carte bleue, mon pauvre papa ruiné, c'était si bon,
faire les boutiques, essayer, faire les pouffes, recommencer, craquer, acheter.
Elle m'a pas trop soûlé; c'est sympa de voir notre relation évoluer. Je ne veux jamais revivre avec elle.
On a mangé au restaurant, toutes les deux, pendant que mon frère rebellait avec mon père.
Je suis devenue une vraie pouffe, obsedée par ma frange, que j'aimerai bien zapper, ma tenue.
Je me fais des masques pour réparer mes cheveux, je me languis d'aller chez le coiffeur.
C'est grave docteur? Heureusement, je ne mets toujours pas de fond de teint.
"Noooon, ne me touche pas, ne me décoiffe pas, maaaa frange!!"
Et puis Py passait du temps à travailler avec moi les départs, les virages, la brasse-apnée.
J'aime me sentir libre dans l'eau et il est plus libre que moi. Mais plus technique.
Je veux pas faire comme tous les apnéistes, même si y'a des règles à suivre.
J'ai surmonté ma honte et ma dignité moisie, je lui ai montré comment j'étais nulle, j'ai persévéré.
Je roule dans l'eau et dans tous les sens, je plonge, je fais des saltos, des carpés, je crie de rire.
Je veux pas me fondre dans la masse. On dirait deux cons, à jouer et à faire les poissons.
A se faire des apnées, les gens nous regardent, on les emmerde, on va au toboggan des petits.
On est bizarres, si différents et si complices. Je nous aime bien à la piscine. Je saignais du nez.
Il me dit que je pourrais être vraiment forte, faire des compèt. Un jour, je pourrais venir m'entraîner.
Pour la première fois de sa vie, il m'a proposé de passer du temps chez lui en dehors des week end.
J'imagine déjà le bordel, la volière dans la Twingo, mon armoire en boule dans un sac. Moké.
Il veut qu'on aille courrir ensemble, au bord de la mer à deux, presque main dans la main.
C'est bien déjà si j'arrive à pas m'écrouler comme une truie au bout de cinquante mètres.
Abidjan, ça pourrait se préciser en janvier. Je pense que mon frère sera le plus choqué.
Je devrai mieux m'organiser, on roulera pas sur l'or, mais on pourra gérer un budget, un vrai.
Et si je dois garder la maison, quitter Rougiers, aucune araignée n'y survivra.
Couette non plus, d'ailleurs, mais je n'aurai sûrement pas le choix que de la forcer à emménager ailleurs.
Je sais pas si mon coeur mourra en même temps que j'abandonnerai cet espoir naïf au fond de moi.
Plus je me pense amère et déçue, plus j'ai foi en une autre sorte d'avenir.
Et je me fracasse, et je repars à zéro, et je recommence. Chaque jour.
Je sais pas si ça fait de moi une adulte.

Ah oui, au fait, je sais pas ce qu'il m'a pris, j'ai fait copain-copine avec la Lapine.

Et puis j'ai pas eu d'herpès depuis le mois d'août. Ca m'pend au nez, et j'peux rien y faire.

Après Titia Gémeaux-Schizo, voici Titia la médium. J'ai un bouton de fièvre.

J'ai gardé des petites filles bien élevées, sages, vives, nourries au bio, polies, éveillées.
C'était bon. J'avais honte de ponctuer chaque phrase par un gros mot.
"Hier, putain, j'ai bien mangé, enculééééé."
Elles écoutent du rock, elles sont petites, elles me serraient dans leurs bras. Elle veulent Couette.
Les parents sont ravis, moi aussi.
Je me sens vieille à côté d'elles, elles me parlent des Pet Shop, d'Hannah Montana,
de Miley Cyrus, la petite a un MacBook et deux DS. Moi je monte mes Power Point.
Elles habitent juste en face de chez Blub, j'aurais dû cracher en passant devant la maison.
Je me suis enfin mise à bosser, mes cours, mes examens, mes oraux.
Je fus submergée de travail, du moins, en un temps reccord, des séminaires gobés et recrachés.
Je me suis enfin immergée dans le monde d'E. Le langage managérial.
Et je suis pas si mauvaise. J'étais contente de moi de placer le celebrity management en exposé.
J'ai courru, avec François, pour la première fois de ma vie. -3 degrès, ça fait très mal.
En m'arrêtant, j'ai mi une demi heure à dégager mes poumons oppressés et sifflants.
J'ai failli arrêter de fumer, puis j'ai bu du chocolat chaud, je suis rentrée, rêvant d'un Macdo,
une douche d'un quart d'heure, deux tapes à la porte, Py, en face de moi,
pour la première fois de "notre" vie, je suis restée interdite, les cheveux dégoulinants,
à me demander à qui était ce visage que je connaissais si bien.
"Putain, t'as presque failli me sauter au cou.. Bon, on va à MacDo?"
J'aurais pu chialer tellement j'ai kiffé. Je hais Crapouillou, cette détestable peluche obsedée.
J'aime ses bras, il va venir au cinéma avec ma famille, c'est important.
Demain je récupère ma bague, son hélicoptère. On est invités chez Gros, comme avant.
Le ciel s'est subitement couvert; au premier flocon, je dégage.
Ce soir, je vais aligner les strike et les zéros au bowling avec mes copains.

Edward va avoir du mal à se retenir quand Bella va avoir ses règles.

# Online seit Donnerstag, 03. Dezember, 2009 um 06:28

Geändert am Freitag, 18. Dezember, 2009 um 06:50

Avant, quand je me lavais les cheveux, c'était déjà exceptionnel.

J'ai eu peur de ne pas pouvoir rentrer chez moi, de toute façon, c'était pas grave,
ils m'avaient mis à l'écart pour le tifo, je n'ai rien pu faire, je n'ai rien fait.
Je suis partie et je suis rentrée.
Je mange seule et je préfère, au moins c'est la vérité.
Je suis lassée de leur hypocrisie, je préfererai qu'ils me détestent au grand jour.
Toute la classe sait qui je suis et moi je vogue la galère, je suis un peu seule.
Je suis mieux dans mon petit monde plutôt que de mentir et de faire semblant.
Mais c'est triste, d'être seule, c'est triste, de ne pas pouvoir leur parler.
Il n'y a pas de vamp quand je suis avec mes mecs de Nans. Je suis leur petite princesse.
Oh, ils ne me cajolent pas. Mais je compte pour eux. Ils me respectent, me prennent comme je suis.
Py veut accéder au vrai statut de "copain", que je puisse compter sur lui. Ca fait bizarre, hein.
Je n'arrête pas de courrir, c'est vraiment usant. Au moins, je n'ai pas le temps de m'ennuyer.
J'ai regardé la photo de profil de Sophie, y'avait ma tête, coupée à côté d'elle, mais c'est con,
elle a pas réussi à zapper mon épaule, ma bretelle de soutif, mon collier. Je veux exister.
Toutes ses photos, c'est moi qui les avaient prises. Je l'aimais vraiment.
Elles sont bien au chaud, dans mon pc cassé qui est resté chez l'informaticien depuis un an.
Et je ne veux plus les avoir, je préfère qu'elles meurent doucement, comme ce qui est vrai.

"Rassure toi, je peux zieuter parfois mais je suis complètement obnubilée par l'Homme sans coeur."

J'avais le smile, d'aller voir Yohan, ma nouvelle bague au doigt, amoureuse,
encore réchauffée par la présence de mon mec sous la couette, et puis ma mère, le téléphone,
dans la voiture et sous la pluie, sa voix gênée, hésistante, insistante, quelque chose de grave.
Je me suis arrêtée en warning, en plein milieu, je m'en foutais, les gens ne comptaient plus.
"Titia, fille, papa a eu un grave accident tout à l'heure..." Mon monde s'est écroulé,
je pleurais pas, j'entendais juste la voix de ma mère au loin "ne t'inquiète pas, il va bien, il a rien.."
La femme qui l'a embouti est très certainement morte, parce qu'elle, elle, comme moi,
elle avait pas d'Audi.
Notre voiture est inutilisable au garage, dépannée, en attente de l'expertise.
Mon père n'a rien, mon père est chanceux, mon père a eu peur, j'ai eu peur de perdre mon papa.
Il a vu les pompiers mettre une heure à la sortir de la bouillie de sa voiture.
Et c'était Sophie qui était là, cette connasse, c'est elle qui a parlé à mon père, je voudrais être là.
Je suis loin, seule et je pense à ma famille qui a failli se briser ce matin, comme tant d'autres,
foutu verglas, foutu var, je ne peux même pas rentrer chez moi, tout est bloqué.
Je crois qu'on va savourer notre Noël à quatre. Et embrasser La Audi qui elle, est toujours debout.
Jamais je n'aurai pu survivre à un choc frontal avec ma Twingo.
Je suis heureuse que mon père ai pu s'en sortir. Mais c'est tellement triste!

On se tape trois heures de courses de merde avec ma mère, les joies de Noël, la pluie glacée,
et puis on rentre, la sambuc, petite route de montagne, et là bim, vingt mètres devant nous,
voiture contre voiture, face to face.... Je n'ai rien vu, ça s'est passé au delà de mes yeux.
Je sors, les gens courent, mauvais pressentiment, je cours aussi, sous la pluie,
je l'aperçois, une petite jeunette toute blonde qui se roule par terre en pleurant,
en deuil à côté de sa saxo, j'ai cru que quelqu'un était mort à l'intérieur, mais non,
elle était seule, à pleurer sa voiture, état de choc, alors je m'occupe d'elle, la console, la berce,
l'engueule, la rassure, la raisonne, elle me demande pour vomir,
je la tiens et lui écarte les cheveux, j'essaye de la calmer, je vais dans sa voiture bousillée,
la fumée des airbags de partout, chercher le sac à main parmis les débris de verre et de calandre,
j'appelle sa mère, sa mère tellement sous le choc qu'elle croyait que c'était une blague (???).
Je l'ai laissé à contre coeur dans les mains des flics et des pompiers, elle n'avait rien,
les autres non plus, mais en total état de choc...
J'ai été obligée de partir, pas de déposition car je n'ai pas vu l'accident desuite,
et ma mère m'attendait pour redémarrer... Voilà, grosse pensée pour elle, et série noire.
J'hallucine sur l'état des routes. Je crois que ceci doit m'inciter à la prudence. Elle s'appelle Julie.
Si je croise Sophie, je lui crache à la gueule.

On est allé voir La Route, parce que je voulais retrouver l'esprit du livre, horrifiés, tristes,
impossible de kiffer Viggo en baroudeur sale tellement il était transformé pour le personnage.
On est sorti sans se tenir la main, nos ombres, c'était comme eux, un homme et un enfant dans la nuit.
Je progresse en sport, malgré le fait que je râle en permanence, malgré le fait que je m'entoure
de filles vraiment et nettement meilleures que moi, je me fais ma place à la salle, et puis...
Et puis je m'équipe, petit à petit, des vrais pantalons, hauts, des vestes...
Bientôt des chaussures de sport qui ne me martyriseront plus les pieds.
Je sais pas si je peux me considérer comme sportive, vu que c'est récent. Vu mon passif.
C'est comme l'apnée, je serai une apnéiste quand je saurai maitriser la brasse, les départs,
les virages, les retournées, quand je saurai onduler en monopalme. C'est pas demain la veille.
Avant cela, c'est facile d'en mettre plein la gueule aux noobs en perf à sept mètres.
J'aime bien faire ma rebelle, les apnéistes s'équipent presque plus que les bulleux.
J'admire le côté provoc de Tito qui ne descend qu'en maillot et sans plomb.
Alors je mettrai pas de pince nez. Alors je vais pas carper, je veux juste apprendre sans me la péter.
Je suis heureuse de ne pas aller enfin au repas de famille, pour la première fois.
Bon, mes parents m'ont demandé de ne pas dire la vérité, que j'en veux plus, de tout ça,
de ce dégoût, de leur gigot à l'ail et des souvenirs de merde et des sourires hypocrites,
et des cadeaux d'Yves Rocher emballés précipitamment dans du pq, ou presque.
Je veux pas de ces regards lamentables entre mes cousins et moi.
Des déceptions de mon p'tit frère. De mes larmes cachées derrière leur champagne pourri.
Les escargots trop cuits, la bûche inbouffable. L'omniprésence de ma cousine.
Et surtout, je ne veux plus voir ce vide entre Clara et moi; je ne veux plus imaginer
tout ce qu'on aurait pu ensemble, elle et moi, créer, raconter, partager, inventer.
Elle est moi, douze ans plus tôt.
Alors j'ai dit que j'allais chez mon copain. Et c'est ce que je vais faire.
On va essayer de pas encore se bourrer la gueule.

Toute façon, il ne me lit plus depuis un bon moment. Ca tombe bien, c'est pas le seul.
La faute aux modes ou à ma vie de merde? J'en sais rien. J'écris pour moi, plus qu'autre chose désormais.
Jess faisait des compliments sur mes cils et ma couleur de yeux, et ma mère sifflait,
je l'ai cru fière de moi un instant, je me suis trompée. Mes cheveux, ça va pas, mon maquillage,
ça va pas non plus, ma démarche, mon port de tête, mes jeans troués, ma clope, mes piercings,
mon look, ma tchatche, mes gros mots, mon insolence, mon absence de féminité (ou barbitude),
mon naturel de merde, ma rebellion de merde, ma dégaine de merde, mes pompes,
mon dégoût du rouge à lèvres; mais non, tout ça n'est jamais assez bon.
Au lieu de kiffer me faire maquiller, kiffer ma séance d'UV, je me suis detestée,
elle avait honte de moi. Ma mère n'aime pas ce que je fais, peu importe ce que c'est.
Je propose de lui apprendre à faire un rangement en arrière avec La Audi, mais non.
J'voudrais juste qu'elle comprenne que je suis naturelle dans ma façon de me maquiller.
Ca fait pas de moi une clocharde, putain! Je me prends à coup de mascara Chanel tous les jours!
Je suis obsedée par ma frange, ma silhouette, mon cul, mes seins, mes cheveux.
Mais non. Je supporte pas ma tronche du réveil, alors j'en rajoute pas.
Je suis heureuse lorsqu'un mec m'assure que j'ai la même tronche 24H/24.
Je veux pas le choc du matin. Je ne veux pas me maquiller comme une pouffe.
Et mettre sur les fringues et les joues de mon mec ta poudre et ta terracotta de merde...
Maman, arrête de me refourguer tes putains de rouge à lèvres, je me sens si mal-aimée!

"Quand tu ris, on dirait une petite fille, tu rigoles sans retenue...
Quand tu dors, bah oui, je sais à quoi tu ressembles quand tu dors! Oui! Me regarde pas comme ça...
Quand tu dors, on dirait un petit chat, tu plies tes petites pattes, et après tu ouvres tes grands yeux !"

On comptait passer un Noël tranquille, et puis moi j'avais menti, même si on savait,
même si mon père était triste, même si on savait que Xavier n'allait pas forcément survivre,
ça a été si soudain, on nous a laissé passer le réveillon tranquille, hypocrisie entre le foie gras
et le saumon, et puis la magie d'un vieux dessin animé, et puis les cadeaux de Couette-Couette,
et puis, on savait, et puis on m'a laissé savourer les 1001 cadeaux de Py, et puis ils m'ont appelé.
Pour me dire qu'il était mort et tous pleuraient.
Y'avait des bougies partout et nous étions nus et moi j'avais des sanglots dans ses bras.
J'ai pas réussi à être moins choquée, ça passe, et puis c'est tout.
Et puis au milieu, y'a soi-disant la paix des enterrements, les réunions familiales,
les pleurs des funérailles et les réconciliations sur le tas. Pas chez nous.
Mon père ne peut pas monter là haut enterrer son petit cousin. Il en est malade.
Nous sommes des parias, des maudis, M le maudit, c'est triste, je marchais sous la pluie, écoeurée.

"Tu connais ça? Ecoute, c'est génial, c'est Prodigy."
Je chantais Mano Solo sous la douche avec le caisson pour Ipod offert par l'HSC.
Et je regardais mon nombril fraichement Swarovski, bleu et blanc, l'étoile de mer.
J'ai pleuré un peu parce que je n'ai pas pu lui dire au revoir, à Xavier.
J'ai enregistré tous mes nouveaux Pink Floyd, ce dont je rêve depuis un an. Je les ai.
Les filles m'adorent, je leur rends bien, on passe notre temps à faire du coloriage,
des vêtements, se coiffer, faire du trampoline, faire des rosaces, regarder des films dans le lit.
Salomé me bade, adopte mes mots, mes expressions, mes mimiques.
Romane me regarde toujours d'un air extasié et ne me laisse pas m'en aller.
Ce n'est seulement que la deuxième fois que je les garde et je suis déjà accro.
Je leur fais faire leurs devoirs, leur intime d'arrêter de me regarder, elles me supplient, rigolent,
elles me demandent quand est-ce que vient Couette-Couette, si mon n'amoureux il m'aime très fort.
J'écoute dans le noir de la nuit ma mère me faire la liste des dernières crasses familiales.
Ca ne change plus rien, me conforte dans l'idée que cette famille n'est rien.
Des lâches, des fourbes, des menteurs, des crétins, des merdes, des fils de chiens et de chiennes.
Il ne reste que nous quatre. On fait avec ce qu'on a. Je n'ai plus que mes proches.
"Mais tu m'as, moi aussi, je suis ton copain tout de même." Ah ouais? C'est vrai.
J'ai aussi rencontré sa mère, j'ai kiffé quoi. Elle me rappelait le phénomène "maman de Lé".
Ce soir je suis malade, le nez en trompe d'éléphant, j'ai chouiné la nuit dernière,
j'étais à moitié paniquée contre le mur et j'arrivais pas à gérer mon putain de genou, je psychotais.
Je suis très psychotée comme nana. Alors il m'a engueulé très fort et on s'est rendormi.
Couette-Couette prend la place de notre bébé qui nous fait rire aux larmes, qui nous fait parler,
qui nous fait surtout très chier quand on la cherche des heures alors qu'on doit partir.
Couette-Couette, ce sera celle qui me fera atrocement pleurer un peu plus tard.

# Online seit Samstag, 19. Dezember, 2009 um 06:47

Geändert am Montag, 28. Dezember, 2009 um 16:24